Dakarmidi – À Tivaouane, certains noms portent en eux toute une histoire. Serigne Maodo Sy Dabakh fait partie de ceux-là.
« Maodo » nous ramène à la source : El Hadji Malick Sy, le savant, le bâtisseur, celui qui a planté la graine de la connaissance et de la spiritualité tidiane au Sénégal. « Dabakh » nous ramène au cœur : Serigne Abdou Aziz Sy, le tanneur des cœurs, l’homme du consensus qui, pendant 40 ans, a cousu le tissu national avec patience et douceur.
Formé à l’université Al-Azhar du Caire, Serigne Maodo Sy Dabakh fait partie des modèles d’intellectuels qui embellissent le sanctuaire de Tivaouane. Grand poète de l’islam, il sait chanter les vertus du Prophète Mouhamed PSL et la lignée prodigieuse de Aboul Abass Ahmad At-Tidjani RTA, fondateur de la confrérie tidiane.
Porter les deux noms, c’est porter une double responsabilité. Celle du savoir et celle de la bienveillance. Et c’est ce qu’on reconnaît à Serigne Maodo Sy Dabakh : une présence calme, une parole mesurée, une fidélité aux valeurs qui ont fait la grandeur de sa famille.
On le décrit comme un homme discret mais ancré. Il ne cherche pas le bruit. Il est dans la continuité : préserver le Daara, éduquer les talibés, recevoir les délégations, rappeler les principes simples qui tiennent debout une société. « La vertu, le savoir et la vérité » cette phrase que son père et ses aînés répétaient revient souvent quand on parle de lui.
Dans une époque où tout va vite, Serigne Maodo Sy Dabakh incarne la lenteur utile : celle qui écoute, qui conseille, qui réconcilie. Il marche dans le sillage des grands de Tivaouane, sans chercher à les remplacer, mais en veillant à ce que leur flamme ne s’éteigne pas.
Pour beaucoup de jeunes, il est un repère. Pas parce qu’il fait de grands discours, mais parce que sa vie dit ce que sa bouche n’a pas besoin de crier : l’humilité, le service, l’amour du Prophète PSL, et l’attachement à l’unité.
Serigne Maodo Sy Dabakh, c’est le rappel vivant qu’on peut être « Maodo » dans l’exigence du savoir, et « Dabakh » dans la générosité du cœur. Et qu’entre les deux, il y a tout un peuple qui trouve refuge.
Doyen Majib Sène
