Certaines critiques excessives, adressées à certains joueurs et à l’entraîneur, sont contre-productives. Elles peuvent troubler la sérénité de la tanière et fragiliser ce qui doit rester un socle intangible : la confiance.
Je ne connais pas encore d’équipe nationale à haut rendement intemporel, ni d’entraîneur dont la tactique et la stratégie seraient, dans le temps et dans l’espace, irrésistibles.
La construction d’une équipe performante est un processus sans fin. Et tout ce qui est excessif nuit.
Personnellement, avec le temps, j’ai appris une chose essentielle : la CAN ne se joue jamais d’avance.
Il faut y aller avec de l’espoir, bien sûr, mais aussi avec de la lucidité. Rien n’est acquis. Tout se construit. Match après match. Parfois même minute après minute. Et au-delà du jeu, du travail et du talent, il existe toujours cette part que personne ne maîtrise vraiment. Alors oui, il faut aussi prier.
Je parle ici avec la mémoire longue du supporter que je suis.
Je n’ai pas oublié 1986, au Caire.
Le Sénégal commence fort. Très fort. Une victoire contre l’Égypte, pays hôte, puis une autre contre le Mozambique. On y croyait. Sincèrement. Et pourtant, une seule défaite face à la Côte d’Ivoire nous élimine. Ce jour-là, j’ai compris que le football ne pardonne rien.
Je n’ai pas oublié non plus 2019, en Égypte.
Nous perdons le premier match contre l’Algérie. Les doutes s’installent, les critiques fusent déjà. Mais l’équipe avance, s’accroche, progresse. Et nous voilà en finale, contre ce même adversaire. Une nouvelle défaite, sur un but encaissé très tôt. Une immense frustration, tant la domination sénégalaise fut réelle. Mais aussi une leçon majeure : un mauvais départ n’empêche jamais un grand parcours.
Et puis il y a 2022, au Cameroun.
La finale. Le penalty raté. Le silence. La peur que tout s’écroule encore. Et ensuite, ce moment inoubliable. Le même joueur, Sadio Mané, revient. Il prend le ballon. Il tire. Il marque. Et tout un peuple respire enfin, tandis que notre première étoile scintille. Ce jour-là, j’ai vu, plus que jamais, ce que signifient la foi, le courage et la persévérance.
Enfin, comment ne pas évoquer 2024, en Côte d’Ivoire.
Donnée pour morte après une lourde défaite (4–0) contre la Guinée équatoriale, la Côte d’Ivoire se relève pourtant. Elle se réorganise. Elle s’unit. Elle élimine le Sénégal, auteur d’un parcours exceptionnel en phase de poule. Puis elle remporte la CAN. Comme pour nous rappeler que, tant qu’on est debout, rien n’est jamais fini.
Voilà pourquoi je crois que notre rôle ne se limite pas aux cris de joie. Soutenir, c’est aussi rester calme lorsque les choses deviennent difficiles. C’est encourager quand le doute s’installe. C’est faire preuve de tolérance envers les joueurs et les dirigeants.
Une équipe nationale est forte lorsque nous sommes tous forts.
Pour ma part, je continue d’y croire.
Mes encouragements au onze national, à l’encadrement technique et administratif, ainsi que mes ferventes prières.
Sportivement,
