La politique de genre à Dya est une impasse, une manœuvre sans espoir pour les jeunes dans la tranche d’âge de 25 à 33 ans !
Quand la jeunesse n’est point une cible d’accompagnement et d’investissement, la destinée, l’espoir et l’idéal d’une nouvelle génération s’égarent.
I) Une politique de développement ou une quête électorale
En matière de développement, lorsque la cible est verrouillée et figée sur le genre, elle ressemble beaucoup plus à une manœuvre politicienne qu’à un acte de changement et d’émancipation.
Boubacar Camara, le développement humainement durable, selon des approches axées sur le Sénégal, ne cible pas uniquement les femmes ou les hommes, mais vise la transformation communautaire globale. Bien que des organisations comme l’OCDE soulignent l’importance de cibler les besoins des femmes, la tendance moderne prône des projets « significatifs » qui bénéficient à la communauté entière.
Cependant, l’inverse de cette pensée couronne le centre d’intérêt des politiques à Dya, où chaque année des dizaines de millions et des formations accélérées sont octroyés à des groupements de femmes politiquement répartis et bien organisés. Ce ciblage est dès lors une quête électorale fiable, une perpétuelle campagne d’électeurs visant à maximiser des bases politiques locales, mais guère une politique d’émancipation des mamans rurales. Il est vrai que des femmes indépendantes et émancipées représentent une sécurité socio-financière dans les sociétés modernes. Mais lorsque ces dernières sont les seules à être visées et à recevoir des opportunités, cette politique est défectueuse et rend plus complexes les séquelles du progrès local.
II) Une jeunesse ou un support à jeter après l’usage
À Dya, plus les jeunes s’heurtent sur les réseaux sociaux, plus ils les inondent de publications partiales, dosées d’insultes et d’ignorance notoire, plus l’homme politique les rapproche davantage. À Dya, plus les manifestations politiques s’accroissent, le jeune reste la cible primordiale des politiques. En effet, plus ils se divisent ou se répartissent dans des associations sportives et politiques, plus ils sont au centre de l’intérêt du politicien.
Par ailleurs, lorsqu’on veut organiser, accompagner et financer, la cible principale reste nos mamans âgées de 50 ans et nos sœurs politiquement ancrées dans le système. Voilà l’état factuel des jeunes, injustement lésés en faveur d’autrui. Selon Youth Entrepreneurship: An Ecosystem Theory for Young Entrepreneurs de Thea van der Westhuizen, cet ouvrage étudie la manière de former les jeunes à l’entrepreneuriat à travers un écosystème complet qui inclut l’éducation, les compétences, l’innovation et l’accès aux ressources. Il offre aussi des perspectives sur les mécanismes qui aident les jeunes à structurer des projets viables et à se financer à travers des soutiens institutionnels et privés.
En définitive, le développement à Dya souffre d’un déséquilibre structurel : il privilégie la fidélisation électorale au détriment de l’émancipation réelle, fragmente la communauté au lieu de la renforcer et transforme des groupes sociaux clés femmes et jeunes en leviers politiques plutôt qu’en partenaires du progrès. Tant que les politiques locales resteront guidées par la quête de légitimité électorale immédiate plutôt que par une vision inclusive et à long terme, le progrès demeurera superficiel, inégal et porteur de nouvelles vulnérabilités sociales.
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