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Actualité au Sénégal

Les Chroniques du Mardi – La Société commerciale en droit OHADA : comprendre les différents types d’apports des associés (Par Ahmed Sow)

Diouf NdoffBy Diouf Ndoff14 juillet 2026Updated:21 juillet 2026Aucun commentaire4 Mins Read
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La création d’une société commerciale ne se résume pas à la signature de statuts ou à l’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM). Au cœur de toute société se trouve un élément essentiel : l’apport des associés. En droit OHADA, les apports constituent le fondement économique et juridique de l’entreprise et déterminent les droits de chacun des associés.

Une définition moderne de la société commerciale
L’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique (AUDSCGIE) définit la société commerciale comme une organisation créée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent d’affecter à une activité commune des biens en numéraire, en nature ou de l’industrie, afin de partager les bénéfices ou de profiter des économies qui peuvent en résulter. Les associés s’engagent également à contribuer aux pertes. L’Acte uniforme admet également, dans certains cas, la création d’une société par un associé unique.
Cette définition met en évidence deux principes fondamentaux : la mise en commun de ressources et la volonté de collaborer dans un intérêt commun.

Les apports : la pierre angulaire de la société
Les apports représentent les biens, les sommes d’argent ou les compétences que chaque associé met à la disposition de la société lors de sa constitution ou à l’occasion d’une augmentation de capital. En contrepartie, chaque apporteur reçoit des droits sociaux (parts sociales ou actions) proportionnels à son apport.
L’article 40 de l’AUDSCGIE ne reconnaît que trois catégories d’apports : les apports en numéraire, les apports en nature et les apports en industrie. Tout autre type d’apport est interdit.

L’apport en numéraire : le financement de la société
L’apport en numéraire consiste en une somme d’argent versée par un associé au profit de la société. Il peut être réalisé par virement bancaire, chèque ou tout autre moyen légal de paiement.
Ces fonds permettent généralement de financer les premières dépenses de l’entreprise : achat de matériel, paiement du loyer, frais d’immatriculation ou constitution du fonds de roulement. Une fois les fonds versés, l’associé reçoit des parts sociales ou des actions correspondant à son investissement. En cas de retard dans la libération des fonds promis, l’associé peut être tenu de verser des intérêts au taux légal.

L’apport en nature : des biens au service de l’entreprise
Contrairement à l’apport en numéraire, l’apport en nature porte sur un bien autre que de l’argent. Il peut s’agir d’un immeuble, d’un terrain, d’un véhicule, d’un fonds de commerce, d’une marque, d’un brevet, d’un logiciel ou encore de matériel professionnel.
Ces biens deviennent, selon les modalités prévues par la loi, la propriété ou la jouissance de la société et participent directement à son activité économique. Afin de protéger les associés et les créanciers, ces apports doivent être correctement évalués. Dans certaines formes de sociétés, l’intervention d’un commissaire aux apports est requise pour garantir une évaluation objective.

L’apport en industrie : la valeur du savoir-faire
La réforme de l’AUDSCGIE de 2014 a renforcé la reconnaissance de l’apport en industrie. Celui-ci consiste pour un associé à mettre à la disposition de la société ses connaissances techniques, son expérience professionnelle, son travail ou ses services.
À titre d’exemple, un développeur informatique peut apporter son expertise technique à une entreprise numérique, tandis qu’un juriste peut contribuer par son savoir-faire en matière de rédaction de contrats et de conformité réglementaire.
Contrairement aux apports en numéraire et en nature, l’apport en industrie ne constitue pas le capital social. Il ouvre néanmoins droit à une participation aux bénéfices et, selon les dispositions statutaires, à certains droits sociaux. Il demeure toutefois interdit dans les sociétés anonymes (SA).

Un enjeu majeur pour les investisseurs et les entrepreneurs
Le choix du type d’apport influence directement la structure financière de l’entreprise, la répartition du capital et les droits des associés. Les apports en numéraire et en nature renforcent les garanties offertes aux créanciers, tandis que l’apport en industrie valorise les compétences humaines indispensables au développement des entreprises innovantes, notamment dans les secteurs du numérique, des services et des technologies.
Dans l’espace OHADA, où l’entrepreneuriat connaît une forte croissance, une bonne compréhension des règles relatives aux apports constitue un atout majeur pour les créateurs d’entreprise, les investisseurs, les juristes et les chefs d’entreprise.
Les apports représentent le socle de toute société commerciale en droit OHADA. Qu’ils prennent la forme d’un investissement financier, d’un bien ou d’un savoir-faire, ils traduisent l’engagement des associés envers leur projet commun. La maîtrise de ces mécanismes contribue à la sécurité juridique des entreprises et favorise un climat de confiance entre associés, investisseurs et partenaires économiques.

Ahmed SOW, juriste en Droit Privé, spécialisé en Droit des Affaires
Mail : metzosow89@gmail.com

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