Dakarmidi – À Fass, terre bénie de la Tijaniya, son nom résonne comme une lumière douce. Serigne Moustapha Sy Djamil porte un héritage immense, et pourtant il marche avec une humilité qui désarme.
Fils du vénéré Khalifa Ababacar Sy RTA, il a vécu l’essentiel de sa vie à Fass où son mausolée est édifié dans la mosquée sise à son domicile. Homme de grandeur, de noblesse, de loyauté et de fidélité aux enseignements de la confrérie tidiane, il compte des milliers de fidèles attachés à ses enseignements conformes aux préceptes de l’islam et aux vertus fécondantes du tidianisme.
Il a grandi entre le Coran, le chapelet et le service. Très tôt, on a vu en lui cette droiture tranquille, cette exigence intérieure qui ne fait pas de bruit mais qui éclaire. Il n’a pas cherché les honneurs. Ce sont les honneurs qui l’ont rattrapé, parce que son engagement parlait plus fort que les discours.
À Fass, il est à la fois guide et père. Dans la zawiya, le matin commence par les wirds et les salutations au Prophète PSL. L’après-midi, c’est l’accueil. Hommes, femmes, jeunes, étrangers de passage : tout le monde trouve une place, un mot, parfois juste un regard apaisant. On vient lui confier ses peines, ses doutes, ses projets. Il écoute, il conseille, il oriente vers Dieu. Jamais il ne se met au centre. Il rappelle toujours : le centre, c’est Allah, c’est le Cheikh Ahmad Tijani, c’est le Prophète.
Serigne Moustapha Sy Djamil aime le savoir. Il veille à ce que la transmission continue, que les jeunes apprennent le fiqh, la Sira, l’éthique du soufisme. Mais pour lui, la science sans cœur ne sert à rien. Alors il insiste sur le khidma, le service : nourrir celui qui a faim, visiter le malade, réconcilier deux frères fâchés, tendre la main avant qu’on ne demande.
Sa présence donne à Fass une paix particulière. Quand il parle, c’est avec mesure. Quand il se tait, c’est une leçon aussi. Dans un monde pressé, il rappelle la lenteur du dhikr, la valeur de la constance, la beauté d’une vie tournée vers l’autre.
On ne le suit pas pour un homme. On le suit parce qu’il nous ramène à l’essentiel : la foi, l’amour du Prophète PSL, et le respect de la communauté. Et c’est cela, sans doute, le plus beau témoignage de Djamil à Fass : être un miroir qui renvoie chacun vers le meilleur de lui-même.
Doyen Majib Sène
