Monsieur Touré,
Le journalisme est un métier noble. Il constitue l’un des piliers essentiels de toute société démocratique, car il a pour vocation première d’informer, d’éclairer l’opinion et de contribuer à la manifestation de la vérité. Mais lorsque l’information cède volontairement la place à l’acharnement, à la diffamation ou à la destruction systématique des réputations, une question fondamentale mérite d’être posée : où s’arrête le journalisme et où commence l’entreprise de démolition ?
Je vous interpelle avec gravité : lorsque vous regardez vos enfants, pouvez-vous leur expliquer sereinement que détruire la réputation d’autrui sans preuve irréfutable peut constituer un métier ?
Combien de destins ont été brisés par des accusations lancées avec légèreté, des insinuations savamment distillées et des campagnes médiatiques dont les conséquences dépassent parfois l’imagination ?
Récemment, nous avons constaté vos attaques répétées contre Monsieur Pape Ndongo Dieng, un éminent cadre sénégalais résidant à Paris, dont les réflexions et interventions sur l’avenir du continent africain lui ont valu l’estime de nombreux observateurs.
La question qui se pose aujourd’hui est simple : pourquoi cet acharnement apparent contre sa personne ?
Le journaliste a parfaitement le droit d’enquêter, de questionner, de critiquer et même de déranger. Mais il n’a pas le droit de transformer une tribune médiatique en instrument de règlement de comptes ou en machine destinée à détruire des hommes et des femmes.
Qui sert réellement une plume lorsqu’elle abandonne la vérité pour devenir une arme ? Qui se cache derrière certaines campagnes répétitives et manifestement orientées ?
Ces interrogations méritent d’être posées.
La liberté de la presse est sacrée, mais elle ne saurait être confondue avec une liberté de nuire. Une caméra, un microphone ou une plateforme numérique ne donnent à personne le droit de piétiner impunément l’honneur et la dignité des citoyens.
Monsieur Touré, l’histoire retiendra toujours que les mots peuvent être plus destructeurs que les armes.
Une réputation se construit durant toute une vie, mais quelques minutes suffisent parfois pour tenter de la réduire en poussière.
Au-delà des audiences, des clics et du sensationnalisme, pensez à la responsabilité morale qui accompagne chaque parole prononcée publiquement.
Car il existe une justice humaine, parfois lente et imparfaite, mais il existe surtout, pour ceux qui croient, le Jugement dernier. Et devant Dieu, nul ne pourra se réfugier derrière le prétexte d’une profession pour justifier une injustice commise contre son prochain.
Informer est un sacerdoce.
Détruire gratuitement n’en sera jamais un. La plume doit éclairer, non assassiner les réputations.
Mamadou Fall Mbassou
Chef de parti politique
