Dakarmidi – Au Sénégal, on rencontre souvent de grands esprits qui nous séduisent, qui émeuvent notre sensibilité et qui ravissent notre imagination. Babacar Gaye, l’ancien ministre d’État sous le président Abdoulaye Wade, est de ceux-là.
Lui n’est pas issu du sérail diplomatique. C’est un administrateur. Un homme qui a appris l’État par le travail, par la rigueur des dossiers et par le sens du service public. C’est cette culture administrative qui a fait sa force : le goût du détail, le respect des procédures, la capacité à transformer une idée en acte.
Ministre d’État, il a porté au plus haut la voix de la raison. Dans les conseils, dans les arbitrages, il incarnait cette figure rare : celle de l’homme qui pèse ses mots, qui tranche sans blesser, qui tient la barre quand le vent se lève.
Et puis il y a la plume. Ce qui frappe chez Babacar Gaye, c’est la pertinence de ses chroniques. Elles embrassent des domaines divers et variés. Politique, société, économie, culture, mémoire : rien de ce qui touche au Sénégal ne lui est étranger. Cette largeur vient de deux choses. D’abord de son expérience de la politique au plus haut niveau. Ensuite de son enracinement, de ce vécu dans le Sénégal des profondeurs qu’il connaît et qu’il respecte.
Il n’écrit pas pour briller. Il écrit pour comprendre et pour faire comprendre. Ses chroniques sont des ponts entre le sommet de l’État et le quotidien des Sénégalais. Elles disent le pays avec lucidité, sans complaisance, mais toujours avec amour.
Babacar Gaye nous montre qu’on peut quitter les fonctions sans quitter le combat des idées. Qu’on peut servir par le verbe quand on a servi par l’action.
Hommage à un grand serviteur de la République. Hommage à une intelligence qui éclaire encore.
Doyen Majib Sène
