Dans le cadre de la campagne « Novembre Bleu » dédiée à la santé masculine, l’Association Sénégalaise d’Urologie (ASU) a tenu une conférence scientifique sur le cancer de la prostate, ce vendredi à Dakar. L’événement, placé sous le signe de la sensibilisation et du partage d’expériences, a réuni plusieurs spécialistes de la santé et membres de l’ASU, en présence du Dr Racine Kane, vice-président de l’association.
Deux communications majeures ont marqué cette rencontre :
■ « La prévalence du cancer de la prostate au Sénégal », présentée par Dr Oumar Gaye de l’hôpital Dalal Jamm,
■ et « Le dépistage et le diagnostic du cancer de la prostate », animée par Dr Idrissa Ngom du Centre hospitalier Abass Ndao.
La séance s’est clôturée par le témoignage émouvant d’un patient, M. Ousmane Seck, qui a livré son parcours de résilience et d’espoir face à la maladie.
Dans son exposé, Dr Oumar Gaye a présenté les résultats d’une étude sur la prévalence du cancer de la prostate au Sénégal. Selon lui, « plus de la moitié des patients, soit environ 54,5 %, présentent un cancer métastatique au moment du diagnostic », un chiffre qui traduit la persistance des diagnostics tardifs malgré les progrès notables réalisés ces dernières années.
De son côté, Dr Idrissa Ngom a axé son intervention sur les modalités de dépistage et de diagnostic. Il a rappelé que le cancer de la prostate est la deuxième cause de mortalité par cancer chez l’homme, et qu’un dépistage précoce à partir de 40-45 ans permet une guérison dans plus de 95 % des cas.
L’urologue a également insisté sur le rôle central du PSA (antigène prostatique spécifique) et de l’IRM prostatique multiparamétrique dans le diagnostic moderne. Selon lui, « l’IRM permet de classifier les patients selon le score PIRADS et d’orienter plus précisément les biopsies ».
Clôturant la rencontre, Dr Racine Kane, vice-président de l’ASU, a insisté sur l’urgence d’une politique nationale de dépistage systématique.
« Le cancer de la prostate est aujourd’hui le cancer le plus fréquent chez l’homme au Sénégal. Malheureusement, la majorité des cas sont diagnostiqués à un stade avancé, nécessitant des traitements lourds et coûteux. Il est donc essentiel d’agir en amont, par l’information, la sensibilisation et le dépistage précoce », a-t-il plaidé.
Selon lui, les études menées dans les cinq grands centres urologiques de Dakar montrent plus de 230 nouveaux cas par an, un chiffre sous-estimé en raison du manque de consultations et du poids des tabous.
