Dakarmidi – Juriste émérite, écrivain sensible, homme de culture et de foi. Professeur de droit constitutionnel, Mounirou Sy marie la rigueur du droit à l’incandescence de la pensée. Son dernier ouvrage, « Les Sirènes de Gao », révèle un intellectuel complet : un esprit qui pense l’État, et un cœur qui écoute les hommes. Maître de conférences, le Pr Mounirou Sy est une voix qui compte dans l’enseignement du droit constitutionnel au Sénégal. Dans ses amphithéâtres, il ne se contente pas d’expliquer les articles. Il décortique l’esprit des institutions, interroge l’équilibre des pouvoirs, forme des citoyens. Sa doctrine est reconnue pour sa clarté : une éloquence sans fioriture, ni impétuosité. Juste. Précise. Impactante.
C’est cette exigence intellectuelle qui fait de lui un formateur de magistrats, d’avocats et de futurs enseignants. Avec _Les Sirènes de Gao_, le Pr Sy sort du cadre académique sans trahir sa rigueur. L’ouvrage témoigne d’une qualité d’écriture rare chez un universitaire : sensible, profonde, ancrée. Le titre évoque déjà le double registre : l’attraction des mythes et la gravité de l’Histoire. Entre droit et littérature, il montre que comprendre un pays passe aussi par écouter ses récits. L’incandescence intellectuelle y rencontre une incandescence spirituelle. Au-delà des titres, c’est un vénérable homme de culture. Ouvert, généreux, il tisse des liens partout où il passe. Son patriotisme est éclairé : il aime le Sénégal sans aveuglement, avec exigence. Sa générosité de cœur transparaît dans son engagement auprès des étudiants et dans les débats publics. Cette stature ne s’explique pas sans ses racines. Éduqué dans les valeurs spirituelles du prestigieux sanctuaire de Tivaouane, érigé par Cheikh Seydi Hadj Malick Sy RTA, le Pr Mounirou Sy porte un équilibre rare. Le droit lui donne la structure, la spiritualité lui donne le sens.
C’est ce mariage qui fait de lui non seulement un technicien de la Constitution, mais un gardien de l’éthique publique. Le Professeur Mounirou Sy rappelle qu’on peut être à la fois constitutionnaliste et poète, juriste et mystique, exigeant et bienveillant. Dans un monde où le droit est souvent réduit à la technique, il rend à la loi son âme. « Les Sirènes de Gao » n’est pas qu’un livre. C’est l’écho d’une voix qui appelle à penser juste, et à servir mieux.
Doyen Majib Sène
