Dakarmidi – Il n’a pas eu les projecteurs de la génération 2002. Pas de Mondial, pas de gros contrat en Ligue 1. Mais Abdoulaye M’Baye a ouvert des chemins. Né le 13 novembre 1973 à Dakar, 1m90, front haut. Dans les années 90, on appelait ça un « 9 de surface ». M’Baye, c’était ça et plus encore : un roc. Il prenait les coups, remettait de la tête, et quand il armait, le gardien priait. Son CV ressemble à un passeport plein de tampons. ASC Diaraf pour les premiers pas. Puis le Maroc : Stade Marocain, Wydad de Fès, Wydad Casablanca. La Tunisie avec le Club Africain. Et enfin l’Europe par le Nord. Juin 2000. Tromsø.
Au-dessus du cercle polaire. Pendant que d’autres rêvaient de Paris, lui affrontait le froid et la nuit. Pari gagné. En 2001, il finit meilleur buteur du club en Tippeligaen avec 6 buts. Le club descend, lui reste debout. Il reviendra en Norvège à Vålerenga et Aalesund, avec un détour par la Chine à Shanghai entre-temps. Un footballeur ouvrier. En équipe nationale, 3 sélections et 1 but entre 1998 et 2000. Peu ? Oui. Mais porter le maillot des Lions à cette époque, c’était déjà une fierté immense. Issu d’une famille qui tient l’honneur et la dignité au plus haut point, il mène une vie tranquille au milieu des siens qui lui vouent une grande admiration.
Il peut se vanter aujourd’hui d’avoir consacré le meilleur de sa jeunesse à ce jeu merveilleux qu’est le football devenu de nos jours une véritable religion à laquelle l’humanité entière a adhéré. Son exemple de persévérance, de résilience et d’intelligence assumée, est un modèle à copier et un exemple à imiter pour la jeunesse d’aujourd’hui confrontée aux mutations de la vie et à ses vicissitudes déroutantes.
Doyen Majib Sène
