Un atelier sous-régionale de lutte contre les vols de bétail, initiée par la FAO(Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) est organisé du 9 au 12 février 2026 à Dakar.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue, ce 9 février 2026 dans un l’Hôtel de la place, en présence de : Dr Mabouba Diagne, Ministre de l’Agriculture, de laSouveraineté alimentaire et de l’Élevage ; Mme Bintia Stephen-Tchicaya, Coordonnatrice sous régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et Représentante de la FAO au Sénégal et de tous les acteurs du secteur.
Objectifs de l’atelier vise à :
●Examiner et valider les études régionales sur le fléau du vol de bétail en Afrique de l’Ouest;
●Examiner et adopter le Plan d’action régional et le
Guide des bonnes pratiques de prévention et de lutte
contre le vol de bétail;
●Mettre en place une Coalition sous-régionale multi-
acteurs pour renforcer la coopération transfrontalière;
●Promouvoir des solutions technologiques,
institutionnelles et communautaires adaptées et
durables.
Temps forts
●Présentation des résultats des études sous-
régionales;
●Adoption de la Déclaration de Dakar sur la mise en
place de la Coalition sous-régionale de lutte contre le
vol de bétail.
Ces stratégies ont été envisagées suite à de nombreux vols et meurtres d’éleveurs dans le Sénégal et dans la sous-région.
Selon la FAO, les pertes économiques liées au vol de bétail dépassent désormais 467 millions de dollars par an, soit plus de 257 milliards de francs CFA.
“Le vol de bétail dépasse largement le cadre de la simple délinquance rurale et s’inscrit désormais dans des dynamiques complexes de criminalité organisée, de trafics transfrontaliers, voire de financement de groupes armés”, a indiqué Bintia Stephen Tchicaya coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest.
Elle a soulignée que ce phénomène ”fragilise” les ménages, ”appauvrit” les pasteurs, ”alimente les tensions” intercommunautaires et ”contribue à l’insécurité” dans plusieurs zones de la région.
”Face à cette réalité, la FAO, en appui aux États et aux organisations régionales, a engagé ces dernières années un effort structuré de production de connaissances, d’analyse et de formulation de réponses techniques et institutionnelles adaptées à l’ampleur et à la nature transnationale du phénomène”, a-t-elle renseignée.
Mme Tchicaya a rappelée que dans le cadre de ce processus, “six livrables majeurs” ont été réalisés par la FAO durant l’année 2025, dont une analyse situationnelle et contextuelle du vol de bétail dans la région, mais aussi une analyse pays par pays, permettant de disposer d’une compréhension fine des réalités nationales.
La FAO a aussi réalisé une analyse des solutions techniques et technologiques disponibles pour la traçabilité du bétail, en plus d’avoir travaillé sur un manuel des bonnes pratiques de lutte contre le vol de bétail et un programme régional permettant de mettre en place des coalitions multi-acteurs pour la lutte contre le vol du bétail en Afrique de l’Ouest.
”Ces six livrables constituent aujourd’hui une base documentaire et stratégique solide sur laquelle, nous pouvons nous appuyer collectivement pour renforcer la coopération, harmoniser les approches et construire des réponses coordonnées à l’échelle nationale, transfrontalière et régionale”, a révélé Bintia Stephen Tchicaya.
Elle a souligné que cet atelier vise à ”favoriser un dialogue franc et constructif, à partager des expériences, à renforcer les bonnes pratiques” déjà identifiées et surtout à ”construire une vision commune”.
Une idée, des inquiétudes partagées avec les pays voisins tels que le Mali qui a eu le privilège de participer à cet atelier, ce par le biais de son ministre de l’élevage qui partage les mêmes inquiétudes du à ce phénomène de vol de bétail.
D’après lui, la lutte contre le vol de bétail est une préoccupation majeure pour les autorités de son pays. Cette pratique est criminalisée au Mali depuis 2024, mais ça n’arrête en rien cet phénomène du vol de bétail.
‘’Le Mali est un pays d’élevage par excellence’’, nous dit M. Youba Bah, ajoutant que ce sous-secteur de l’économie malienne fournit 19 % du produit intérieur brut du pays. Cependant, malgré les atouts dont dispose le Mali, ce sous-secteur est confronté à plusieurs contraintes, dont l’une des plus ardues est le vol de bétail. Des mesures ‘’fortes’’ de lutte contre le vol de bétail sont prévues dans la Stratégie nationale de stabilisation et de sécurisation du cheptel au Mali, selon le ministre de l’Élevage et de la Pêche.
Il s’agit de la traçabilité [du cheptel], de la sécurisation des couloirs de transhumance, du déploiement des forces de sécurité et du renforcement de la coopération transfrontalière’’, a-t-il expliqué en énumérant d’autres mesures.
Mabouba Diagne, le ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, est d’avis qu’il va falloir mettre en œuvre un programme de coopération régionale, qui puisse harmoniser les dispositifs d’identification et de traçabilité du bétail.
De même faut-il renforcer les mécanismes de concertation bilatérale et multilatérale, selon M. Diagne.
Par la coopération, il est possible de ‘’développer des corridors sécurisés pour la mobilité pastorale, de partager des informations et de coordonner les opérations de surveillance’’, a-t-il assuré.
‘’Les conclusions de nos travaux devront [favoriser] la mise en œuvre de stratégies nationales robustes, d’un programme régional ambitieux et d’une coalition régionale efficace’’, a ajouté Mabouba Diagne.
Cependant des solutions aux problèmes sont attendues au sortie de cet atelier de 4jours concencre au phénomène du vol de bétail
