Ce, vendredi 27 Mars s’est tenue à Dakar un Panel de l’Africa Sourcing and Fashion Week (ASFW), au Centre des Expositions de Diamniadio en présence de la Directrice Générale APDA Madame Sophie NZINGA SY et la Directrice Générale Aïcha DIONE Tissus- SA.
Un panel décisif qui pourrait bien révolutionner la filière cotonnière africaine. Intitulé « Un Champ à la Mode. Libérer le Potentiel de la Chaîne de Valeur du Coton Africain pour la Croissance Économique et la Souveraineté Culturelle ».
Cette session phare organisée par AUDA-NEPAD dans le cadre de son programme ACSAR (Creative Africa, Sports and Recreation) réunit près de 1 000 participants : acteurs publics, privés et acheteurs internationaux.
En effet, il faut préciser que l’Afrique produit 15% du coton brut mondial, mais n’en transforme localement que moins de 5%, exportant sa fibre à bas prix vers des pays étrangers. « Le coefficient multiplicateur de la transformation en vêtements dépasse 10. Ce qui signifie que le continent cède systématiquement cette richesse », alerte un expert d’AUDA-NEPAD. Ajoutez à cela la menace sur les textiles traditionnels comme le Kente ghanéen, le Mandjak sénégambien (Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau) ou l’Aso Oke nigérian, érodés par les imitations massives et l’appropriation culturelle sans protection juridique pour les artisans.
Une chaîne de valeur à réinventer sous le thème global de l’ASFW « Chaîne de valeur durable : du coton à la mode ».
Dans ce panel, le plus influent de l’Afrique de l’Ouest et du Nord dévoilera des modèles concrets grace aux usines locales de transformation, des contrats internationaux de confection et d’exportations soutenues par des politiques transparentes.
Le Ghana servira de cas d’étude pour la prochaine étude ACSAR sur la filière cotonnière, lancée lors de l’événement.
Le marché africain du textile et de l’habillement, évalué à 39 milliards de dollars en 2025, devrait grimper à 49 milliards d’ici 2030.
Pourtant, le continent reste cantonné au rôle d’exportateurs de matières premières. AUDA-NEPAD se positionne comme institution de référence pour un mécanisme d’apprentissage par les pairs sur la propriété intellectuelle (PI) et les indications géographiques (IG) des textiles autochtones.
Les Objectifs sont:
• souveraineté économique et plaidoyer culturel dont
Les enjeux sont limpides :
•Analyser la chaîne complète, de la production agricole à la confection, pour une souveraineté économique et culturelle.
•Mettre en lumière la PI afin de préserver le patrimoine et redistribuer la valeur aux artisans.
•Lancer une campagne de partage des savoirs entre États membres et Communautés Économiques Régionales (CER).
•Générer un débat public pour influencer l’étude ACSAR et booster la visibilité du « Made in Africa ».
•Passer de l’artisanat local aux marques internationales. Ce qui est possible avec une protection juridique forte », insiste un représentant d’ACSAR.
Ce rassemblement de décideurs pourrait transformer le coton en levier de croissance et en bouclier culturel. L’ASFW 2026 s’annonce comme le catalyseur. Mais l’on se demande si les promesses se concrétiseront-elles en actes concrets ?
Adja DJITE
