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Actualité au Sénégal

Plan de Transformation 2026-2030 : Le nouvel horizon de l’ADEPME pour une souveraineté économique durable

PBy P10 mars 2026Aucun commentaire13 Mins Read
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DISCOURS DU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’ADEPME
Cérémonie de lancement de la Convention du Plan de transformation 2026-2030
Mardi 10 mars 2026
CICES, Dakar

Version définitive – allocution officielle
Monsieur Ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne GUEYE DIOP
Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, Dr Mabouba DIAGNE
Monsieur Secrétaire d’État chargé du Développement des PME/PMI, Ibrahima THIAM
Monsieur le Président du Conseil de Surveillance de l’ADEPME, Ibrahima SENE
Madame la Représentante de la Banque Mondiale, Chère Jana Malinska
Monsieur le Directeur pays ENABEL, Abou El Mahassine FASSI-FIHRI
Madame Directrice du Projet ACCES, Représentante de la GIZ, Julia KARST
Madame la Directrice Représentation de l’OFII au Sénégal, Marion DESSOMBZ
Monsieur le Directeur de ECOBANK Sénégal, SAHID YALLOU
Madame Directeur général APDA, Sophie Nzinga SY
Monsieur le Directeur général Agence Nationale de l’Aquaculture, Dr Samba KA
Monsieur l’Administrateur général FAISE, Khouraichi THIAM
Monsieur le Secrétaire général de la Chambre de Commerce, Mbaye Chimère NDIAYE
Monsieur le Directeur de la Coopération Technique, Arona TOURE
Monsieur le Directeur de l’Encadrement et de la Transformation des Entreprises Informelles, Hady TOURE
Monsieur le Président Conseil des Entreprises du Sénégal, Babacar DIAGNE
Monsieur le Président de UNACOIS YESSAL, Cheikhou CISSE
Madame la Directrice générale du Fonds de Développement Municipal / Représentante du Maire de Dakar, Aminata SAMB DIOP
Madame l’Administratrice de Programmes APEFE, Françoise DAXHELET
Madame la Représentante de l’Agence Française de Développement
Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions financières
Mesdames et Messieurs les Directeurs, chefs de services et représentants des institutions publics
Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprises, chers clients de l’ADEPME
Chers collaborateurs adépémiennes et adépémiens
Mesdames et Messieurs, chacun en vos rangs, grades et qualités, tous protocoles respectés.

C’est avec un réel honneur, une grande fierté et un profond sens des responsabilités que je vous souhaite la bienvenue ce mardi 10 mars 2026 au CICES, à l’occasion du lancement de la Convention de l’ADEPME relative à la mise en œuvre de notre Plan de transformation 2026-2030.
Permettez-moi d’abord d’adresser mes remerciements respectueux à Monsieur le Ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, qui nous fait l’honneur de présider cette importante rencontre. Je voudrais également exprimer, avec une chaleur toute particulière, notre gratitude à Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, pour avoir bien voulu nous honorer de sa présence. Monsieur le Ministre, votre présence donne un sens supplémentaire à cette cérémonie, car nous savons qu’il n’y aura ni souveraineté alimentaire ni souveraineté économique sans PME performantes, sans transformation locale et sans chaînes de valeur nationales robustes. C’est pourquoi nous nous réjouissons profondément des axes de collaboration envisagés entre les deux ministères, au service du produire local, du transformer local et du consommer sénégalais.
Je salue également le Secrétaire d’État chargé du Développement des PME/PMI, dont l’engagement constant en faveur du tissu entrepreneurial envoie un signal fort à l’ensemble de notre écosystème. J’adresse enfin mes salutations distinguées à nos partenaires techniques et financiers, à nos institutions financières, à nos entrepreneurs, ainsi qu’à l’ensemble des femmes et des hommes qui croient encore que le développement d’un pays se construit par le travail, l’investissement, l’innovation et l’audace.
Mesdames et Messieurs, la rencontre de ce matin n’est pas une simple cérémonie institutionnelle. Ce n’est pas un rituel administratif. C’est le lancement d’une doctrine d’action. C’est le moment où l’ADEPME assume pleinement une nouvelle responsabilité : contribuer, de manière visible, mesurable et exigeante, à la construction d’un secteur privé national fort, productif et conquérant.
Car disons-le avec lucidité : le monde dans lequel nous entrons n’est pas un monde de complaisance. La ZLECAf n’est pas un cadeau tombé du ciel ; c’est un espace de compétition. La Chine n’est pas une abstraction lointaine ; c’est une puissance productive qui impose des volumes, des prix, des standards et des rythmes. Les grandes économies réarment leurs industries, sécurisent leurs chaînes de valeur, protègent leurs marchés stratégiques, soutiennent leurs entreprises nationales et assument sans complexe leur souveraineté économique. Dans un tel monde, la naïveté économique n’est plus une option. Nous devons être plus volontaires, plus organisés et plus offensifs.
Oui, nous croyons à l’ouverture. Oui, nous croyons au commerce. Oui, nous croyons à l’investissement. Mais nous affirmons avec force que l’ouverture sans base productive locale solide devient une vulnérabilité sérieuse. Le marché sans compétitivité nationale devient une dépendance. Et le libre-échange sans entreprises fortes devient, pour les plus faibles, une simple liberté de subir. Il est plus que temps de rompre avec cette maudite trajectoire.
« Les nations prospères ne sont pas celles qui consomment le plus, mais celles qui produisent le plus. »
C’est pourquoi notre ligne est claire : nous voulons une économie ouverte, mais non désarmée ; compétitive, mais non abandonnée ; intégrée, mais non dissoute ; ambitieuse, mais résolument sénégalaise.
Cette ligne est parfaitement cohérente avec les orientations de nos plus hautes autorités. Le Président de la République a demandé d’asseoir les bases souveraines de l’investissement productif, de développer le secteur privé national et de favoriser l’émergence de véritables champions nationaux. Le Premier ministre, pour sa part, a appelé à accélérer le programme de financement massif et sécurisé des PME/PMI, en l’alignant explicitement sur la souveraineté économique et l’Agenda National de Transformation Sénégal 2050.
Voilà le cap. Et ce cap doit être compris, partagé et mis en œuvre par tous.
La Vision Sénégal 2050 réussira si nous parvenons à générer le maximum d’entreprises. Mais elle réussira surtout si nous générons le maximum d’entreprises viables, formelles, financées, bien gérées, technologiquement à niveau, capables d’honorer des marchés, de créer de la valeur, de payer des impôts, de créer des emplois durables et de devenir, demain, des locomotives de nos filières prioritaires.
Autrement dit, notre enjeu n’est pas seulement de créer plus d’entreprises. Notre enjeu est de créer plus d’entreprises solides.
Aujourd’hui, ce dont le Sénégal a besoin, ce n’est pas seulement d’acteurs qui travaillent côte à côte. Le Sénégal a besoin d’un équipage national de la transformation économique : l’État, les ministères, l’ADEPME, les autres structures d’accompagnement, les banques, les partenaires, les territoires, les filières, les incubateurs, les agrégateurs, les coopératives, les chercheurs, les industriels, les commerçants, les femmes entrepreneures, les jeunes créateurs, tous embarqués vers le même port : la souveraineté économique par l’entreprise.
Les grandes nations économiques nous enseignent une chose simple : il n’y a pas de pays prospère sans entreprises puissantes. Quand la France regarde le CAC 40, elle voit bien plus qu’un indice boursier ; elle voit une vitrine de ses champions et un levier de puissance économique. Quand les États-Unis regardent le S&P 500 et le NYSE, ils voient des entreprises qui structurent l’innovation, la finance, la productivité et la capacité d’exportation du pays. Et nous, au Sénégal, nous devons désormais regarder nos entreprises comme des instruments stratégiques de souveraineté.
Le constat est connu : l’écrasante majorité de notre tissu entrepreneurial est constituée de PME, TPE et entreprises assimilées ; les grandes entreprises ne représentent qu’une fraction infime de l’ensemble. Ce chiffre dit à la fois notre force et notre faiblesse. Notre force, parce que l’énergie entrepreneuriale est là. Notre faiblesse, parce que nous ne transformons pas encore assez d’entreprises en champions capables de structurer durablement les marchés, les filières, l’export et l’emploi.
Notre stratégie, dans le temps long de la Vision Sénégal 2050, doit donc être double : élargir massivement la base entrepreneuriale et épaissir progressivement le sommet. En clair : plus d’entreprises, mais aussi plus d’entreprises qui changent d’échelle.
D’autres pays africains ont assumé ce choix et l’ont réussi. Le Nigeria a fait émerger des groupes capables de rayonner bien au-delà de son marché national, à l’image de Dangote, Seplat, UBA et Globacom. Le Maroc a consolidé des champions présents à l’international comme OCP Group, Attijariwafa Bank, Maroc Telecom et Royal Air Maroc. Ces exemples ne doivent pas nourrir une fascination. Ils doivent nourrir une émulation et une décision.
Notre décision est claire : faire émerger des champions sénégalais, comme l’exige le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye.
Et cette décision se justifie d’autant plus que notre dépendance reste lourde. Le ministre Sérigne Guèye Diop a rappelé que le Sénégal importe plus de 2 500 produits pour environ 7 500 milliards de francs CFA. Cela doit nous interpeller collectivement. Car quand un pays importe massivement ce qu’il pourrait produire, transformer ou assembler, il n’importe pas seulement des marchandises. Il importe aussi du chômage, de la fragilité extérieure et du renoncement industriel.
« L’avenir du Sénégal ne se construira pas dans les ports d’importation, ou dans les impôts et domaines mais dans les usines, les ateliers et les entreprises sénégalaises. »
Nous n’avons pourtant pas besoin d’aller chercher très loin pour voir ce qu’est un champion national. Nous avons l’exemple de Sonatel. Sonatel, c’est une entreprise qui crée de la valeur, irrigue un écosystème, paie, emploie, investit et projette une marque-pays. Voilà pourquoi l’initiative Sunu Champions est une orientation juste et stratégique : elle consiste à identifier, soutenir et propulser des entreprises sénégalaises capables de tirer l’économie vers le haut.
C’est précisément pour prendre toute sa place dans cette bataille économique que l’ADEPME lance aujourd’hui son Plan de transformation Impact PME.
Notre ambition est claire : faire de l’ADEPME, à l’horizon 2030, une agence performante, influente, proche du terrain et résolument engagée à transformer les PME/PMI sénégalaises en moteurs de croissance compétitifs, au service de la richesse nationale, de l’emploi durable et de la souveraineté économique.
Ce plan n’est pas un exercice de communication. C’est un contrat d’exécution. Un contrat avec l’État. Un contrat avec les partenaires. Un contrat avec les banques. Un contrat avec les territoires. Et surtout, un contrat avec les entrepreneurs.
Nous voulons formaliser massivement. Nous voulons financer massivement. Nous voulons ouvrir massivement des marchés. Nous voulons digitaliser massivement. Nous voulons faire émerger des champions. Nous voulons territorialiser l’accompagnement. Nous voulons relier la PME à la filière, la filière au marché, le marché à l’emploi.
Dans cette logique, l’ADEPME est entrain de déployer ses points focaux dans les pôles territoriaux du Sénégal afin de mieux garantir l’équité territoriale, de rapprocher l’accompagnement des entrepreneurs et de répondre concrètement à l’esprit de l’Agenda national de transformation. Notre ambition est claire : aucune région ne doit rester au bord du chemin, aucun territoire ne doit être spectateur de la transformation économique nationale.
Mais soyons clairs : il n’y aura pas de transformation des PME sans transformation de l’ADEPME elle-même. L’excellence opérationnelle que nous demandons aux entreprises, nous devons d’abord l’incarner. Être plus rapides. Être plus lisibles. Être plus rigoureux. Être plus attentionnés. Être plus exigeants sur les résultats. Être plus présents dans les territoires. Être plus utiles.
C’est tout le sens du programme DAMEL. L’excellence opérationnelle, ce n’est pas un luxe de grande entreprise. C’est une discipline de survie et de conquête. Pour une PME, cela signifie mieux produire, mieux organiser ses flux, mieux maîtriser ses coûts, mieux respecter ses délais, mieux garantir sa qualité, mieux convaincre ses clients et mieux rassurer ses financeurs. En un mot : devenir crédible.
Et dans le monde qui vient, la crédibilité sera une monnaie économique.
Je veux ici lancer un appel direct, solennel et exigeant aux banques et aux institutions financières.
Le développement économique du Sénégal exige aujourd’hui un changement d’échelle dans le financement des PME et PMI. Nos entreprises ont du talent. Elles ont des idées. Elles ont des marchés. Mais trop souvent, elles manquent du carburant essentiel : le financement.
Le financement des PME ne doit plus être perçu comme une simple exposition au risque. Il doit être assumé comme un investissement stratégique dans la souveraineté économique du pays. Chaque PME financée, c’est de l’emploi créé, de la valeur ajoutée locale, des importations remplacées, des exportations potentielles et des territoires dynamisés.
« Un pays qui ne finance pas ses PME finance l’emploi des autres pays. »
J’invite donc les banques, les fonds, les établissements de microfinance et l’ensemble des acteurs du système financier à financer vigoureusement les PME et PMI sénégalaises, à innover dans leurs instruments, à mieux adapter leurs produits et à libérer, avec audace, les potentialités de notre tissu entrepreneurial. Financer les PME sénégalaises, c’est financer l’avenir économique du Sénégal.
Je veux ici m’adresser directement aux chefs d’entreprises présents dans cette salle. Chers entrepreneurs, l’ADEPME sera à vos côtés. Elle sera un accélérateur. Un facilitateur. Un tiers de confiance. Un catalyseur d’exigence.
Nous vous accompagnerons à vous formaliser, à vous structurer, à vous financer, à vous connecter aux marchés, à innover, à vous digitaliser, à monter en qualité, à entrer dans les chaînes de valeur. Mais en retour, nous attendons de la transparence, de l’ambition, de l’audace et une volonté claire de changer d’échelle.
Je veux également m’adresser aux femmes et aux jeunes. Il n’y aura pas de transformation économique durable du Sénégal sans la pleine participation des femmes et sans l’énergie créatrice de la jeunesse. Notre ambition est donc aussi une ambition d’inclusion, d’équité territoriale et d’égalité d’accès aux opportunités. Chaque femme entrepreneure que nous renforçons, chaque jeune que nous aidons à formaliser son activité, chaque entreprise que nous accompagnons vers la bancabilité, c’est une victoire concrète contre la précarité, contre l’exclusion et contre la dépendance.
Je veux enfin m’adresser aux équipes de l’ADEPME. Adepmiens, Adepmiennes, l’heure de l’impact a sonné.
Adepmiens et Adepmiennes, Esk paré nguen ?
Nous ne devons plus seulement être une administration qui accompagne. Nous devons être une institution qui transforme. Nous ne devons plus seulement gérer des activités. Nous devons produire des résultats. Nous ne devons plus seulement exécuter des tâches. Nous devons tenir un cap.
Et ce cap, nous le tiendrons en équipage.
Comme le rappelait Lee Kuan Yew, le véritable moteur du développement d’une nation réside dans ses entrepreneurs et dans sa capacité à créer de la richesse.
Frantz Fanon écrivait : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »
La mission de notre génération actuellement au pouvoir est claire : réarmer économiquement le Sénégal. Par l’entreprise. Par l’industrie. Par l’innovation. Par l’investissement. Par la montée en puissance du secteur privé national.
Mesdames et Messieurs, le Sénégal se trouve aujourd’hui à un moment charnière de son histoire économique. Pendant longtemps, nous avons parlé de transformation ; aujourd’hui, nous devons la réaliser. Pendant longtemps, nous avons parlé d’industrialisation ; aujourd’hui, nous devons la construire. Pendant longtemps, nous avons parlé de souveraineté économique ; aujourd’hui, nous devons la conquérir.
Aucun pays ne s’est développé durablement sans entreprises fortes. Aucun pays ne s’est industrialisé sans entrepreneurs audacieux. Aucun pays n’a créé la prospérité sans produire ce qu’il consomme et exporter ce qu’il produit.
Aujourd’hui, nous faisons un choix. Le choix de l’action. Le choix de l’exécution. Le choix de la souveraineté économique assumée.
Ensemble, faisons de l’ADEPME un levier de transformation nationale. Ensemble, faisons émerger des PME championnes, moteurs puissants de prospérité, d’emplois.
Alors construisons ce Sénégal productif, souverain et prospère. Construisons-le ensemble. Avec courage. Avec ambition.
Et faisons en sorte que, dans quelques années, lorsque l’histoire économique du Sénégal sera écrite, on puisse dire que c’est ici, aujourd’hui, que deux ministres engagés et audacieux ont décidé de bâtir un Sénégal qui produit davantage, transforme davantage et exporte davantage.

Nagn andando, amal njariñ PME yi, ngir amal njariñ askan wi.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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