Il y a des parcours qui disent quelque chose du Sénégal politique. Celui de Thérèse Faye Diouf en fait partie.
De Diarrère à l’Assemblée nationale, de la base militante de l’APR aux portefeuilles ministériels, elle a construit sa légitimité pas à pas. D’abord assistante administrative puis rédactrice au service législatif, elle s’impose localement en 2014 en devenant maire de Diarrère. Première femme à ce poste, réélue en 2022, elle installe dans le Fatick une présence qu’on ne contourne plus.
L’Etat la rappelle ensuite : directrice de l’ANPECTP, administratrice générale du FONGIP, puis ministre du Développement Communautaire, de la Solidarité Nationale et de l’Equité Sociale entre octobre 2023 et mai 2024. En mars 2024, elle hérite brièvement du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Equité. Aujourd’hui députée, elle préside aussi depuis juillet 2025 la Commission des Affaires monétaires et financières du Parlement panafricain. Un CV dense, qui parle d’une femme de dossiers.
Mais 2026 change la donne. Le 18 juillet, au terrain HLM de Grand-Yoff à Dakar, Thérèse Faye Diouf lance son mouvement politique et citoyen. Elle ne renie pas son passé à l’APR. Elle le questionne. Trop « élitiste », trop coupé de la base, dit-elle. Elle réclame un rajeunissement du management, un retour vers les militants, une politique qui parle aux préoccupations concrètes : accès à la terre, au crédit, aux marchés publics, et droits des femmes qu’elle défend aussi à la tête du REFELA Sénégal.
Ce lancement n’est pas qu’un changement d’étiquette. Dans un contexte de recomposition après 2024, elle propose une plateforme qui se veut rassembleuse, au-delà des clivages. L’enjeu est clair : transformer une expérience institutionnelle en force de mobilisation. Et peser, en particulier dans le Fatick, où son ancrage est réel.
Avec Thérèse Faye Diouf, on voit à l’œuvre une ambition simple et tenace : servir, mais à ses propres conditions. Le pari de Grand-Yoff, c’est celui de recommencer sans effacer.
Doyen Majib Sène
