Il y a des hommes qui ne marchent pas, ils éclairent. Khalifa Ababacar Sy est de ceux-là. On l’appelle le diamant qui illumine le sanctuaire de Tivaouane, et ce titre ne lui va que trop bien.
Né dans la lignée de El Hadj Malick Sy, il porte un héritage immense, mais il ne s’y est jamais reposé. Fondateur des dahiras dès 1927, dont le premier porte le nom de Dahiratoul Kiram, Khalifa Ababacar Sy a démontré l’étendue de sa science et sa capacité à décliner des initiatives qui renforcent l’audience et la crédibilité de la confrérie.
Ceux qui l’approchent parlent d’abord de sa lumière intérieure. D’où ce surnom que les disciples murmurent avec tendresse : « le diamant ». Un diamant pour son incandescence spirituelle, rare, pure, qui ne se ternit pas avec le temps. Un diamant aussi pour sa solidité. Dans un monde qui bouge vite, il reste l’axe, le repère.
Sa connaissance de la confrérie tidiane est abyssale. Il ne récite pas seulement les wirds et les enseignements, il les habite. Quand il parle de Cheikh Ahmed Tijani, de son maître Malick Sy, sa voix prend une gravité douce. Il explique sans juger, il rappelle sans sermonner. Les jeunes viennent pour les réponses, les anciens viennent pour la sagesse, et tous repartent avec le cœur un peu plus apaisé.
À Tivaouane, sous sa conduite, le mausolée n’est pas qu’un lieu de mémoire. C’est une maison vivante. Les grandes dates, le Maouloud, les ziaras, deviennent des moments où des milliers de cœurs battent à l’unisson. Et au centre, lui, discret, exigeant envers lui-même, accessible aux autres.
Les grâces spirituelles de Serigne Babacar Sy sont innombrables, multiples et insondables. Celles que nous connaissons et celles que nous ignorons, et qui ne nous seront révélées qu’au Jour du Jugement. C’est lui-même, dans un rêve d’une clarté bouleversante, qui me l’a confié en secret. Hier comme aujourd’hui et encore demain, sur le plan de la spiritualité, aucun guide de cette envergure ne saurait se compter deux fois. Il est unique, et son empreinte demeure.
On retient de Khalifa Ababacar Sy trois choses : la profondeur du savoir, l’humilité du service, et la constance de la prière. Il n’impose rien, il propose. Il ne divise pas, il rassemble. Ainsi, le souvenir de Khalifa Ababacar Sy ne se limite pas aux murs de Tivaouane. Il traverse les générations comme une traînée de lumière. Tant que des cœurs chercheront la vérité dans la voie tidiane, tant que des dahiras se lèveront pour servir, son œuvre continuera de grandir. Il est parti, mais son éclat demeure.
Le diamant de Tivaouane brille encore, et il éclairera longtemps le chemin de ceux qui veulent marcher dans la foi, la connaissance et l’amour du Prophète.
Doyen Majib Sène

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