Dakarmidi – Abdoulaye Dia a compris mieux que personne une vérité simple et exigeante : seul le travail a le pouvoir de libérer l’homme. Pas le travail subi, mais le travail choisi. Pas l’agitation, mais l’ouvrage qui construit. C’est cette conviction chevillée au corps qui l’a poussé à trimmer dur, année après année, sans céder aux raccourcis ni aux facilités. Il n’a pas cherché la gloire rapide. Il a cherché l’œuvre durable.
Et l’œuvre est là, visible, palpable. Parti de sa détermination, il s’est élevé jusqu’au sommet de la hiérarchie des bâtisseurs de l’économie nationale. Ses entreprises, regroupées sous la bannière SENICO, ne sont pas seulement des unités de production dans l’agroalimentaire. Ce sont des machines à créer de la dignité. Des milliers d’emplois directs et indirects ont jailli de son obstination. Derrière chaque poste, il y a un père qui rentre apaisé, une mère qui planifie l’école des enfants, un jeune qui découvre qu’il peut compter sur son propre salaire. Voilà la statistique qui compte : des vies qui tiennent debout.
Sa réussite, si enviée dans le cercle de l’entrepreneuriat, ne doit pourtant rien au hasard ni aux privilèges. Elle s’est forgée dans une alchimie rare. D’abord, une capacité de résilience hors norme. Les vents contraires, les crises, les doutes : il les a traversés sans se plaindre, en transformant chaque obstacle en leçon. Ensuite, un entrain communicatif. Abdoulaye Dia travaille, mais il entraîne. Son allégresse n’est pas naïve. C’est celle des hommes qui savent que l’énergie d’un dirigeant donne le tempo à toute une maison. Enfin, il y a sa droiture et sa noblesse d’esprit. Dans un monde des affaires où la parole se monnaie, la sienne vaut contrat. On signe avec lui les yeux fermés, parce que sa signature engage l’homme tout entier.
Mais réduire Abdoulaye Dia à ses bilans serait passer à côté de l’essentiel. Car l’homme est double : entrepreneur le jour, bâtisseur d’âmes le soir. Son incandescence spirituelle est telle qu’elle déborde le cadre de l’entreprise. Chaque année, sous l’égide de ses sociétés, il organise un concours international de récitation du Saint Coran, doté de plusieurs prix. Ce n’est pas une opération de communication. C’est une conviction. Il pense que la réussite matérielle, si elle n’élève pas l’esprit, reste inachevée. Alors il offre une scène aux jeunes récitateurs, venus du Sénégal et d’ailleurs, pour que la beauté du Texte sacré trouve des voix, des récompenses, et surtout du respect.
Dans les marchés, dans les mosquées, dans les conseils d’administration, on l’appelle familièrement Abdoulaye Dia SENICO. Ce surnom dit tout. Il a lié son nom à sa marque, et sa marque à son pays. Il est devenu, aux yeux de beaucoup, la preuve vivante que l’on peut partir de rien, ou de peu, et finir par peser sur le destin collectif. Qu’on peut être rigoureux sans être dur, pieux sans être ostentatoire, riche sans être distant.
En vérité, ses compatriotes l’apprécient parce qu’il réconcilie des mondes qu’on croyait séparés. Le business et la foi. L’exigence et la générosité. L’ambition personnelle et le service public. Il rappelle à toute une génération que le sommet n’est pas un lieu où l’on s’isole. C’est une hauteur depuis laquelle on doit tendre la main.
Abdoulaye Dia n’a pas fini de bâtir. Tant qu’il y aura une terre à valoriser, un jeune à embaucher, un verset à honorer, il sera au travail. Et c’est peut-être ça, le plus bel hommage qu’on puisse lui rendre : dire qu’il nous a appris que la réussite n’est pas ce qu’on accumule. C’est ce qu’on sème.
Doyen Majib Sène
