Le président de la Confédération africaine de football (CAF) a déclaré, ce 29 mars 2026, au Caire, qu’il se rendrait prochainement au Sénégal et au Maroc afin que le football ne devienne pas un facteur de division entre ces deux nations.
La démarche peut paraître louable. Les peuples marocain et sénégalais ont toujours entretenu des relations empreintes de fraternité, de respect mutuel et d’estime réciproque. Ces relations reposent sur des liens historiques, sportifs, religieux et géographiques qui, depuis des générations, rapprochent profondément nos deux peuples.
Toute initiative visant à préserver cet esprit mérite donc d’être saluée.
Cependant, vouloir résoudre un problème en faisant abstraction de sa propre part de responsabilité revient souvent à en amplifier les effets plutôt qu’à en traiter les causes. Car les divergences regrettables apparues entre les deux pays trouvent aussi leur origine dans la gouvernance même de la CAF. À bien des égards, celle-ci donne l’impression d’une boussole pipée : absence d’une vision véritablement africaine, dépendance excessive vis-à-vis de la FIFA, modes de désignation des dirigeants marqués par des logiques de réseaux et mécanismes décisionnels parfois insuffisamment transparents.
Dans ces conditions, la médiation ne peut suffire.
Le football africain mérite une gouvernance plus claire, plus transparente et plus fidèle aux intérêts du continent.
La CAF gagnerait, peut-être, à commencer par le commencement : regarder lucidement sa propre responsabilité.
