Dakarmidi – Il y a des moments dans la vie où il est important que ceux qui connaissent fassent des témoignages sur celles et ceux que l’on ne catalogue pas comme de simples témoins, mais comme des acteurs privilégiés.
Marguerite Thiam peut être considérée comme une véritable égérie qui a consacré l’essentiel de sa vie à l’information et à la communication. Séduisante sur les planches comme devant la caméra et le micro, elle avait le pouvoir de séduire, de ravir l’imagination et d’aiguiser la sensibilité de celles et ceux qui l’écoutaient. Elle était imbattable dans l’art de s’exprimer en wolof, cette belle langue de Kothieu Barma Fall, personnage très connu dans le Cayor vers la fin du 18ème siècle.
Ni grandiloquente, ni isolationniste, encore moins impétueuse, Margot, comme on avait l’habitude de l’appeler, se positionnait comme un âme généreuse qui avait le goût du partage et de la solidarité. À la RTS, elle incarnait la voix posée et la rigueur qui donnent à l’information sa noblesse. Loin des effets faciles, elle privilégiait la justesse du mot, la clarté du message et le respect du public.
Professionnelle jusqu’au bout, elle a formé par l’exemple toute une génération de journalistes, surtout de jeunes femmes qui voyaient en elle la preuve qu’on pouvait allier exigence, élégance et engagement.
Traductrice en wolof des discours du président Abdou Diouf, elle s’imposait à tous par sa brillance d’esprit et par sa rigueur dans son élocution, sans naïveté ni exagération. En vérité, elle était un modèle à copier et un exemple à imiter dans son domaine de prédilection.
C’est dire, une fois de plus, que la RTS est une véritable nursery où naissent, grandissent et s’épanouissent des journalistes et animateurs pétris de qualité. Le Sénégal, carrefour d’échanges et de rencontres, terre de germination des plus belles fraternités, sera toujours reconnaissant envers Marguerite Thiam qui a fait de la radio le médium le plus durablement moderne et le plus efficace qui soit.
Marguerite a laissé l’empreinte d’une femme de conviction : disponible pour les autres, fidèle à ses valeurs, et passionnée par le Sénégal profond qu’elle savait raconter avec pudeur et fierté. Aujourd’hui encore, quand on évoque les grandes voix de la maison, la sienne résonne. Elle nous rappelle que le métier n’est pas seulement une fonction, mais un sacerdoce.
Merci à Margot pour la mémoire qu’elle a contribué à bâtir, pour la lumière qu’elle a portée sur nos réalités, et pour l’héritage d’humanité qu’elle nous lègue.
Quelle reçoive, à travers cette chronique, l’expression de mes pensées affectueuses et respectueuses.
Doyen Majib Sène
