Dakarmidi – À Saint-Louis, où le fleuve Sénégal enlace l’île comme une promesse ancienne, Mansour Faye marche depuis 2014 avec le poids et l’orgueil de la ville sur les épaules. Maire réélu en 2022, il n’est pas l’homme des tribunes lointaines. Il est celui des ruelles qui s’inondent, des quais que le temps ronge, des maisons coloniales qui tiennent encore par miracle et par mémoire.
Homme de grande urbanité, il porte en lui la sensibilité d’un véritable domou ndar. Partout où il passe, il laisse l’empreinte d’une courtoisie proverbiale et d’un humanisme sans affectation. Ni impétueux, ni grandiloquent, encore moins tenté par le repli, il avance au pas de son peuple, qu’il aime et qui le lui rend bien. Il tisse sans relâche les liens d’une solidarité agissante, saisissant chaque rencontre que le hasard met sur sa route. Fidèle et loyal, il mène une vie simple au milieu des siens, qui lui vouent une admiration tranquille.
Avant d’être l’édile de Ndar, il fut le ministre des choses concrètes. De 2014 à 2019, il eut la charge de l’eau et de l’assainissement, métier ingrat s’il en est, celui de faire reculer la soif et la boue. Puis vint le désenclavement, les routes, les ponts. Il a passé des années le casque sur la tête, les pieds dans la poussière des chantiers, à coudre le pays par le goudron pour que nul territoire ne reste hors du regard de la République.
La politique ne lui a pas épargné les secousses. En 2023, les chiffres de la Cour des comptes ont soulevé des vents contraires. En 2025, l’État lui ferma un temps les portes du ciel, lui interdisant de quitter le territoire. La justice trancha en janvier 2026 : la liberté d’aller et venir n’est pas une faveur, c’est un droit. L’homme en sortit sans éclat, mais intact dans son droit.
Ce qui définit Mansour Faye, c’est cette double posture. À Dakar, le technicien des infrastructures. À Saint-Louis, le fils qui revient rendre compte. On ne lui prête pas l’éloquence des orateurs, mais une obstination tranquille, celle des bâtisseurs qui savent que les villes ne se sauvent pas avec des discours, mais avec des caniveaux curés, des digues relevées, des routes ouvertes.
À Saint-Louis, on ne l’appelle pas ministre. On dit simplement : le maire. Et dans ce mot court, il y a tout le contrat tacite entre une ville et l’un de ses enfants.
Doyen Majib Sène
