Dakarmidi – Dans l’affaire de présumé terrorisme en cours devant la chambre criminelle spéciale de Dakar, la presse est devenue indésirable pour certains avocats à l’image de Me Massokhna Kane. Ce dernier à travers une requête a voulu réduire les journalistes en silence.
En effet, il a invité le juge à interdire la publicité des débats d’audience dans la presse. « Les journalistes ont déjà condamné nos clients, les développements qui sont contenus dans leurs comptes rendus présentent nos clients comme de dangereux terroristes et cela n’est pas acceptable », fulmine l’avocat qui cite certains titres qui parlent entre autres de « révélations terrifiantes ».
Selon le patron Sos Consommateurs, « on ne doit pas véhiculer ces informations dans la presse ». Aussi a t-il évoqué l’article 256 du Code pénal pour inviter le juge à interdire la publicité des débats d’audience. Car, dit-il, cela porte « préjudice » et « viole la présomption d’innocence » des accusés. Me. Kane propose que les journalistes assistent aux audiences et attendent le délibéré pour écrire. Sa requête a été attaquée par les représentant du parquet Aly Ciré Ndiaye qui a invité les accusés ou leurs conseils à saisir la justice s’ils estiment que les propos ont été dénaturés par la presse.
« Je ne vais pas jusqu’à interdire la publicité des débats, d’autant plus que c’est la loi qui dit que l’audience est publique », affirme Ali Ciré Ndiaye. Rendant son délibéré, le président a indiqué que « ni le juge, ni le tribunal ne dispose du pouvoir ou de la prérogative d’exercer un contrôle sur les comptes rendus de la presse ». Il en est de même des requêtes formulées par Me Moussa Sarr pour la comparution du commissaire divisionnaire, Abdoulaye Diop, du commandant de la Section de recherches de la Gendarmerie Issa Diack et du chef d’état major général des Armées (Cemga) Cheikh Gueye.
S’agissant des officiers de police judiciaires (Opj), le juge rappelle que les procès-verbaux de police et de gendarmerie ne valent qu’à titre de simples renseignements. Dans la foulée, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté provisoire de l’accusée Maréme Sow, présentée comme un cheveu dans la soupe dans le dossier. Revenant sur la comparution des Opj, Me Moussa Sarr, estime que ces derniers ont soutenu que Moustapha Faye est le chauffeur de Imam Ndao et que les champs de l’imam constituent des centres d’endoctrinement en vue de convoyer des combattants de Syrie.
Ces déclarations faites par les enquêteurs, selon l’avocat méritent d’être tirées au clair à la barre. « Au lieu de constater des délits, ils construisent des délits », martèle Me Sarr qui reproche au Cemga d’avoir parlé de ce dossier lors du forum sur la paix et la sécurité alors qu’il était pendant devant la justice.
La rédaction