Salam, paix sur vous
Ce Ramadan 1446 qui s’en va…
Ce mois de Ramadan qui s’en va, comme me le signale cette face de la Lune que je ne peux empêcher de se dérober de ma vue, suscite en moi la crainte d’avoir perdu l’occasion de me faire pardonner, par Toi Yâ ‘afuww (Celui qui efface les péchés) et nul autre que Toi, mes péchés nombreux comme des grains de sables et qui se répètent !
Tout comme il me laisse espérer Ton agrément pour avoir essayé de me rapprocher de Toi en me refusant à l’emprise carcérale de mes passions.
Par un jeûne loin d’être parfait, je le sais, même si je l’ai voulu de tout mon être, j’ai essayé d’apprendre à me prémunir de tout ce qui peut susciter Ton courroux et d’être à la hauteur de la promesse y afférente, à savoir la Taqwâ.
J’ai beaucoup parlé du jeûne comme d’autres, alors que ce qui importe, c’est ce qu’il a vocation de faire de moi par l’effet de Ton incommensurable miséricorde et de Ton insondable sagesse.
Est-ce que ce qu’il m’a appris à être, pieux, je le serai ? Est-ce que mon état spirituel va évoluer vers la Taqwâ ? Si oui, j’en serai profondément reconnaissant à Toi et Toi seul, si non, plaise à Toi de m’en préserver, ce ne serait que de ma faute et de moi seul, faible, négligeant, oublieux et insouciant que je suis.
Et ces dix dernières nuits, les meilleures de l’année musulmane qui ne reviendront que dans 12 mois lunaires ! Et cette mystérieuse laylatoul qadr, une nuit meilleure que mille mois lunaires et durant laquelle, les anges descendent sur terre en vagues à couper le souffle jusqu’aux premières lueurs du Fajr ? N’oublions pas que ce sont des êtres faits de lumière !
Chaque fois qu’elle advient, je ressens une joie ineffable, celle d’accueillir le Coran et de me laisser guider par lui, tellement je m’en suis laissé et je m’en laisse éloigné par le clinquant du monde et par Satan le trompeur.
Pourtant, je sais par la connaissance du cœur que seule Ta parole peut me sortir des ténèbres et me conduire vers la lumière, pour que point je ne m’égare, et que je reste cramponné à la voie droite, la sirâtal moustaqîm et pour que point je ne prenne le faux pour le vrai ou le mal pour le bien ou encore le laid pour le beau.
Surtout quand l’intelligence artificielle avance à grands pas et nous impose de plus en plus ses vérités sans conscience.
J’essaierai, plaise à Toi, de rester fidèle à ce que Tu as voulu m’aider à devenir en me prescrivant la pratique du jeûne. Mais, seul, je n’y parviendrai pas. Toi seul peut peut m’y aider et je Te supplie de le faire.
Je sais que rien ni personne ne peut s’imposer à Toi, mais que Tu es sensible à l’invocation de ton serviteur. N’est-ce pas Toi qui a fait descendre ce verset depuis la Table gardée par l’intermédiaire de Jibrîl (paix sur lui) : «Invoquez-Moi et je vous réponds ?» Alors, plaise à Toi d’exaucer mes invocations en temps de jeûne comme en dehors.
La pratique du jeûne m’a appris à T’être plus reconnaissant pour les inestimables bienfaits venant de Toi et Toi seul et dont je jouis par le seul effet de Ta bonté gratuite. N’est-ce pas Toi qui a dit : «Soyez reconnaissant et Je vous donnerai encore plus ?» Alors plaise à Toi de m’accorder encore plus de bienfaits pour lesquels, je Te témoignerai encore plus de gratitude.
Je considère le jeûne que Tu m’as prescrit comme une perche qui m’est tendue laquelle a pour ultime vocation de me sauver de la noyade spirituelle. J’ai essayé de la saisir sans être sûr que je m’y suis bien agrippé de toutes mes frêles forces pour que Tu veuilles bien me tirer par elle vers Toi.
Le temps que Tu lui as imparti arrive à son terme. Mais moi, je veux rester Ton fidèle serviteur,Toi qui n’a pas de terme, jusqu’au terme que Tu m’as fixé.
C’est Ton aide que j’implore de tout mon être, pour ne jamais oublier de me souvenir de Toi et de T’être reconnaissant en tout et pour toujours. Rien n’importe pour moi plus que Ton amour, Ton agrément, et Ton pardon.
Même si Tu n’es pas satisfait de moi eu égard à mes si nombreux manquements et à ces péchés que je commets sans aimer le faire, au regard de la révérence et de la gratitude que je Te dois, de Toi je suis satisfait.
Imam Ahmadou Makhtar Kanté
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