Dakarmidi – Entre le Sénégal et la France, les relations sont multiformes et ce, depuis des temps immémoriaux. Ces relations sont l’œuvre d’hommes et de femmes d’honneur dont l’humanisme de bon aloi se déploie chaque jour sous nos yeux comme un étendard. Gérard Sénac fait partie intégrante de ces acteurs majeurs dont les empreintes sont visibles partout où il est question de développement économique et social. Arrivé à Dakar en 1989 avec pour mission de fermer une filiale moribonde de Fougerolle, il en a fait, contre toute attente, le fleuron du BTP sénégalais. En plus de trente ans de présence, il a bâti plus que des ouvrages, il a bâti une confiance.
De l’autoroute à péage à la VDN, du Port Autonome au Train Express Régional, de la centrale solaire de Bokhol aux pistes rurales de Moudéry, chacune de ses réalisations porte la marque du travail bien fait et du respect de l’engagement. Mais l’homme ne se résume pas au béton et à l’acier. Si les trois premières lettres de son nom font SEN comme Sénégal, ce n’est pas un hasard. C’est un destin. Sénégalais de cœur, Français d’origine, il a épousé la Teranga dans ce qu’elle a de plus noble : la solidarité, la discrétion, la dignité. Collectionneur avisé d’art africain, compagnon fidèle du regretté Ousmane Sow, il a fait de son bureau du port un musée vivant où se côtoient masques Dogons et toiles contemporaines.
Mécène sans tapage, il a financé écoles, mosquées et dispensaires, sans jamais réclamer une plaque. Son côté artistique est indéniable car, partout au Sénégal où l’on célèbre la culture, Gérard Sénac est omniprésent par ses conseils et son soutien. Sa simplicité proverbiale, sa jovialité et son alacrité sont largement appréciées par ceux qui le côtoient régulièrement. En vérité, il est l’ami de beaucoup de Sénégalais dont les témoignages sont concordants. Pas plus tard que ces jours-ci, il était à Saint-Louis pour l’accueil de la flamme olympique, cette ville de charme aux multiples sortilèges. Il a porté la flamme avec un bonheur ineffable, courant, sautant et dansant avec la jeunesse sans se fatiguer.
Des hommes comme Gérard Sénac sont rares dans ce monde évanescent où les relations humaines manquent de franchise, où les intérêts égoïstes sont célébrés sans vergogne comme un trophée de guerre. Le Sénégal ne l’oubliera jamais comme lui ne l’oubliera point, car son cœur s’est marié avec notre Teranga qui est la marque de fabrique de ce vaillant peuple. Aujourd’hui à la retraite, mais toujours présent entre les Almadies et Sérignac, son village natal, il demeure un trait d’union vivant entre les deux rives.
Gérard Sénac n’a pas seulement construit des routes, il a tracé un chemin, celui d’une coopération fraternelle et féconde, où l’entreprise sert l’homme et où l’homme sert son pays d’adoption.
Doyen Majib Sène
