Dakarmidi – Très souvent, il m’arrive de disserter sur la qualité des hommes politiques sénégalais de notre époque. Souvent aussi, j’ai choisi Abdou Mbow de l’Alliance Pour la République. Il en est à sa quatrième législature malgré son âge relativement jeune. Doté d’une incandescence intellectuelle absolument remarquable avec une culture politique tout à fait exceptionnelle, il chemine droit mais son cœur bat toujours à gauche, fatalement, comme un lit d’espérance.
Parlementaire aguerri, il a fait du verbe une arme et de l’hémicycle une école. Dans le brouhaha des passions, il garde la hauteur, la mesure et l’argument. On ne l’entend jamais sans apprendre. Sa parole est rare mais ciselée, son intervention est attendue parce qu’elle éclaire.
Journaliste et communicant de profession, il est titulaire d’une licence d’histoire délivrée par l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et d’un diplôme en sciences politiques, le tout faisant de lui un cadre d’excellente facture.
Ce qui frappe chez Abdou Mbow, c’est la fidélité. Fidélité à ses convictions, fidélité à son parti dans la tempête et dans la gloire, fidélité à sa génération qu’il incarne avec brio. Il n’a jamais cédé à la facilité de la démagogie ni à l’ivresse de la petite phrase. Il préfère le travail en commission au vacarme des plateaux.
Il est de cette race d’hommes politiques qui comprennent que la politique n’est pas un métier mais un sacerdoce. Il joint la rigueur de l’intellectuel à la chaleur du militant. C’est un pont entre deux Sénégal, celui des anciens qui ont bâti et celui des jeunes qui veulent conquérir.
Dialecticien et rhétoricien dynamique, il ne fuit aucun débat quelle que soit la qualité de ses débatteurs. Sa particularité, c’est de ne point arpenter les chemins qu’il ne maîtrise pas. Fidèle et loyal, il brille dans sa formation politique dont il est un des meilleurs animateurs.
Très expérimenté, il peut se targuer d’avoir occupé, au cours de ses différentes législatures, de prestigieux postes de responsabilité dans l’exercice desquels il a admirablement affûté ses armes politiques.
Quatre législatures ne s’usurpent pas. Elles se méritent à force de présence sur le terrain, d’écoute et de loyauté. À Thiès, son fief politique, comme à l’Assemblée, il reste le même : accessible, affable, profondément républicain.
Le Sénégal a besoin de ces sentinelles, de ces éveilleurs de conscience. Abdou Mbow en est une, assurément.
Doyen Majib Sène
