Dakarmidi – L’homme qui peignait avec les mots.
Il y a des hommes qu’on vénère grâce à leur imagination fertile et à leur remarquable apport à leur patrie d’appartenance. Alassane Ndiaye Allou, l’homme au verbe luxuriant, est de ceux-là. Enseignant émérite, reporter sportif incomparable et historien talentueux, il demeure vivant dans le cœur de ses compatriotes. Allou est vraiment l’âme du peuple sénégalais, comme l’écrit Maître Bouba Ly dans l’excellent ouvrage qu’il a consacré à cette belle légende du verbe.
Ceux de ma génération qui avons porté sa succession savons parfaitement qu’on peut imiter ce grand maître, mais jamais l’égaler. Il fut et demeure pour moi cette fabuleuse bibliothèque que je ne cesse de fréquenter.
Car Allou n’était pas seulement un homme qui parlait. C’était un homme qui peignait avec les mots. Quand il prenait le micro, le terrain devenait une fresque, le ballon une comète et les vingt-deux acteurs, des héros d’épopée. Sa voix, grave et chaude, habitait les transistors de tout un peuple, du plus petit village du Baol aux gradins surchauffés de Demba Diop.
Il ne commentait pas un match, il le racontait, il le magnifiait, il l’immortalisait.
Pédagogue dans l’âme, il avait cette rare élégance de ceux qui savent élever sans jamais abaisser. En classe comme au stade, il transmettait la rigueur de la langue française, l’amour de l’histoire du Sénégal, le respect de l’adversaire et la noblesse de l’effort. La plupart de ses élèves sont devenus de brillants esprits, à l’image du parlementaire Doudou Wade, des ministres Abdoulaye Makhtar Diop, Grand Serigne de Dakar, et de notre regretté El Hadj Malick Sy Souris, pour ne citer que ceux-là.
Historien, il a fouillé les mémoires, exhumé les figures oubliées, redonné à la lutte, au football, à nos résistances, leurs lettres de noblesse. Il était notre mémoire vivante, notre bibliothèque orale, le gardien du temple de ce que nous fûmes pour mieux nous dire ce que nous devons devenir.
Aujourd’hui, son micro s’est tu, mais son verbe résonne encore. Il résonne dans chaque jeune reporter qui cherche le mot juste, dans chaque enseignant qui croit encore à la force de l’éloquence, dans chaque Sénégalais qui sait que parler beau, c’est aussi aimer son pays.
Allou n’est pas mort. Les grands maîtres ne meurent jamais.
Doyen Majib Sène

Un commentaire
Greetings! Verry useful advice inn this partyicular article!
It iss tthe little changes that will mae thee moist imporrant changes.
Thanms foor sharing! xnxx