L’éventualité d’une nouvelle candidature de Gianni Infantino à la tête de la FIFA en 2027, ainsi que le probable soutien africain qui l’accompagnerait, m’amènent à m’interroger, une fois encore, sur la place réelle de l’Afrique dans la gouvernance mondiale du football.
Soutenir une nouvelle candidature de Gianni Infantino reviendrait d’abord, pour beaucoup d’Africains à accepter implicitement l’idée d’une Coupe d’Afrique des nations organisée tous les quatre ans,sous la pression exercée sur la CAF. Or cette perspective est loin de faire consensus parmi les supporters, les observateurs et une partie importante de la jeunesse africaine, qui y voient un risque d’affaiblissement de la visibilité, du rythme et de la dynamique du football continental.
Ce serait également accepter une certaine remise en cause de l’universalité du football mondial lorsque certaines Coupes du monde sont organisées dans des pays où les conditions d’accès, de mobilité ou de séjour rendent particulièrement difficile la présence physique des supporters africains. Le football perd alors une partie de sa vocation universelle lorsqu’une fraction importante de ses passionnés peine à participer pleinement à la fête mondiale. Une injustice à déplorer.
Ce serait enfin cautionner une gouvernance du football de plus en plus influencée par les logiques financières, les grands groupes d’affaires et les intérêts économiques mondialisés, au risque d’éloigner progressivement ce sport de ses bases populaires et de sa dimension profondément humaine. Le foot- Business grandeur nature.
Le football africain mérite mieux qu’une simple participation émotionnelle aux grandes compétitions. Il mérite une place pleine et entière dans les lieux où se décident les règles, les équilibres économiques et les orientations stratégiques du jeu mondial.
L’Afrique ne peut continuer éternellement à être seulement un réservoir de talents, de voix et de passions. Elle doit aussi ambitionner d’occuper pleinement les espaces où se décide l’avenir du football mondial.
Le moment est peut-être venu pour l’Afrique de ne plus seulement soutenir, mais de proposer.
