Les réponses des Kounta face aux différentes formes de violence

Dakarmidi – Cheikh Bou Kounta s’installa à Ndiassane en 1883 et plus tard il sera rejoint par différentes ethnies (Sarakholé, Senofo, Dioula, Mossi, Peul, Wolof, Bambara…) venues de part et d’autres du Soudan à la recherche de la baraka. Ces groupes ayant de cultures, de langues, d’habitudes, de mœurs, d’usages, de principes et de moralités diverses furent canalisées par le Cheikh sur un seul et unique objectif, la paix, la prospérité, la solidarité, l’entente et la cohésion sociale. Mais aussi Cheikh Bou Kounta œuvra pour la construction d’une solidarité communautaire et une intégration parfaite des ethnies afin nul ne sens discriminé. Il leur inculque des valeurs islamiques grâce à son engagement et à son dévouement envers le tout puissant.

Cheikh Bou Kounta avait très tôt compris que pour vaincre le mal il faut aller à la racine et un cœur violent ne peut pas aspirer à atteindre les hauts degrés de la spiritualité. Ainsi, il lutta contre cette violence qui est synonyme de désorganisation sociale absolue d’autant qu’elle porte atteinte au corps social dans toutes ses structures.

Et de ce fait il disait à l’ensemble de ses talibés y compris ses fils que vous êtes tous du même pied et chacun de nous doit transmettre autant qu’il peut le discours de mon grand-père le prophète Muhammad (psl) qui disait que la violence est endormie et quiconque la réveille sera maudit par Allah. C’est de cette façon qu’il éduqua selon les préceptes islamique ces ethnies et  de ce fait Allah dit « O vous qui croyez ! Demeurez fermement fidèles à Dieu dans les témoignages que vous porterez en faveur des bonnes actions et ne permettez pas que la haine des autres vous dirige vers le mal et vous détourne de la justice. Soyez justes : la justice est proche de la piété ; et craignez Dieu. Car Dieu voit tout ce que vous faites. »(La Table, V.8).

C’est ce discours qu’il légua à ses successeurs en passant par l’ainé Cheikh Al-Becaye Kounta (1872-1929), Cheikh Sidy Lamine Kounta (1883-1974) Elhadji Mamadou Kounta (1900-1976), Cheikh Sidy Yahya Kounta (1913-1987) et même jusqu’au dernier de ses fils Cheikh Bou Kounta II (1914-2006) plus connu sous le nom de Baye Bou. Ce fils posthume marqua son époque par ses causeries islamiques sa diplomatie et son sens de responsabilité.Car il était conscient que Dieu a nommé l’homme comme son khalife sur terre   donc il se devait de respecté ce pacte tout en évitant de répandre le sang et de semer le désordre. Durant toute son existence Baye Bou n’a jamais failli à cette mission, cette tradition de paix et de tolérance qu’il hérita de ses aïeux. Ce saint homme était l’incarnation de la non-violence. Sa personne dégageait l’amour, la piété, le respect, l’admiration, l’affection, et la tendresse. Cet érudit puisant sur le Coran et les Hadiths du prophète (psl) nous exhorté à adopter la gentillesse, la cordialité, la douceur, la sociabilité, la solidarité, la courtoisie et la sympathie dans nos cœurs et nos âmes, car c’est la meilleure façon de lutter contre la violence. Baye Bou Kounta était un régulateur et un docteur de la société qui a combattu sa vie durant à toutes formes de violences physique ou verbale et il avait bien compris le sens de ce verset« Quand, entre peuples, vous prononcez un jugement, faites-le avec justice : combien, en vérité est excellent l’enseignement que Dieu vous a donné. » (Les Femmes, V. 56).

Par ailleurs, il n’hésitait pas à s’exprimer quand le Sénégal ou la Umah se trouvait dans l’impasse. Et ses propos faisaient régner l’assurance, la sécurité, le calme, la quiétude et la tranquillité.

Ce bref survol nous montre comment les kounta à travers la doctrine mère des Tarikha la Khadriya, la méthode élaboré basée sur la passivité pour s’attirer vers eux le maximum de talibés et de sympathisants. Ce model fit d’eux des directeurs mystique et par ailleurs des partisans de la non-violence. D’ailleurs, c’est ce message qui continue d’être divulguer par l’actuel khalife General des Khadres El Hadji Mame Bou Mamadou Kounta un homme de vertu de sagesse et d’inégales valeurs.

ABDOURAHMANE KOUNTA Alkountiyou.com