Au péril de la bienpensance (Par Aguibou Diallo)

Dakarmidi – “Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit en rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple vous pouvez faire ce que vous voulez. ” Hannah Arendt.

Le totalitarisme mackyen nous réduit de manière fatidique à cette inférence odieuse. Notre rapport avec la vérité est tellement modulaire que les référents comme dignité, honneur et amour propre s’en retrouvent complètement hystérisés.

À voir la profusion d’insultes intra-communautaires, au prétexte éthnocentriste guindé, quoi que la gouvernance de Macky Sall se soit distinguée par l’instrumentalisation du nédo ko banditisme, il y a de quoi saisir le relief de cette assertion, sus citée.

Au lieu d’une lutte nationale pour libérer notre économie des serres de l’impérialisme français, où encore au lieu de démultiplier les initiatives citoyennes, donc la mobilisation de toute la communauté nationale, indistinctement de nos appartenances régionales, religieuses et ethniques, aux fins de faire changer les différents codes (des investissements et miniers, en particulier) au bénéfice du plus grand nombre de notre peuple, sevré qu’il est de tout, nous voyons des hurluberlus, à la bouche puante d’insanités et d’inepties, défendre leur dictateur de président ou d’autres l’attaquer, sur le registre de l’appartenance ethnique.

On a peine à croire que le Sénégal marche vraiment sur ses pieds. Le pays perd pied. Il n’y a plus de capitaine pour tenir le gouvernail et mener le navire à bon port.

Et dans cette tragédie préfigurée, les coupables ne sont autres que les élites dirigeantes. Intellectuels francophones et arabisants, l’éclésiat de toutes obédiences fudiques.

Tous ont cédé aux sirènes du consumérisme mondain et à la course vers l’accumulation, quelque soit le moyen. Si bien que la critique de la démocratie de Tocqueville en devient, dans notre cas d’espèce, une sentence irréversible. Puisque nous dit il, “la démocratie détend les liens sociaux, mais elle resserre les liens naturels. Elle rapproche les parents dans le même temps qu’elle sépare les citoyens”.

La situation actuelle du Sénégal l’illustre à foison, c’est une vérité de lapalisse que de le souligner.
Partant, nous avons besoin de refondation de notre système politique. Un nouveau contrat social et démocratique s’impose, sinon il n’y aura plus aucun rempart, encore moins de ressort pour nous préserver du précipice.

Au demeurant, cela exige de nous tous un sacrifice. Rien de bien insurmontable. Il nous suffit de renouer avec le culte de la vérité et, ce faisant, d’avoir le courage d’engager les combats qui vaillent pour la consolidation de notre commune volonté de vivre ensemble. En tant que peuple et communauté de destin respectée et respectable dans le concert des nations et qui y joue avec majesté sa partition, pour la paix, pour l’entente cordiale entre les peuples.

Et ce courage, disons nous bien cela, qu’il ne faudrait pas l’attendre cette classe politique. Toutes tendances confondues, ils ont contribué à semer, lentement mais sûrement, les germes du populisme qui, chemin faisant, achoppe sur le péril génocidaire qui nous pend au nez.

Dès lors notre mission, à nous les jeunes pousses de la politique, consiste à sauver notre peuple des élites pernicieuses,de véritables bombes à retardement.

Allah nous vienne en aide dans l’accomplissement de cette mission hardie.

 

AGUIBOU DIALLO
Citoyen Sénégalais
Esprit libre
Master en sciences politiques
UNiversitè PARIS VIII