Édito – Les panneaux géants à l’affiche du Président de la République, une entrave à un second mandat ! (Par Bounama Sow)

 

Le culte de la personnalité et de la personnalisation qui relèvent de la démagogie commence à atteindre son paroxysme dans notre pays comme en attestent les méga-affiches du président de la République nichés un peu partout dans les coins stratégiques de la capitale (Aeroport Dakar Yoff, AIBD, Diamniadio, pour ne citer que ceux-là. Les échangeurs, et autres ronds points sont revêtus d’affiches grand format qui retracent les réalisations et projets du chef de l’Etat et qui le mettent en exergue dans des positions bien travaillées sans interaction aucune avec le public. Le seul but est d’imposer un homme, une image de marque, un label pour susciter l’adhésion des populations de la plus simple et gratuite des manières.

Cela rappelle sans doute le Zaïre de Mobutu, la Corée de Kimilsung, la Tunisie de Ben Ali et le règne du parti BAAS en Irak de Saddam Hussein.

Les souteneurs zélés du Président de la République doivent savoir que les temps ont changé et que ce ne sont pas les Méga-affiches et les publi-reportages avec lesquels ils nous tympanisent en longueur de journée qui motiveront le choix des électeurs en leur faveur.

C’est même contre productif car expliquer ce qu’on fait toujours, c’est aussi prendre du temps sur l’action de faire. Sans oublier que trop de communication tue la communication. Leur démarche rappelle celle de ce coordonnateur de la CAP 21 du temps de Maître Wade qui avait à l’époque théorisé la nouvelle majorité à l’issue d’un meeting qui avait mobilisé selon lui 02 millions de Dakarois. Ce qui fait froid au dos, c’est que certaines de ces affiches sont estampillées « Merci Monsieur le Président de la République » comme si nous lui étions redevables.
Mis dans d’excellentes conditions de travail et grassement entretenu par le contribuable, (ce n’est pas pour rien qu’il demande après constat un second mandat). C’est le moins que l’on puisse attendre de lui.

C’est le Président de la République qui nous doit gratitude et remerciements. Ses réalisations du reste très peu par rapport aux attentes des sénégalais, il les a faites suite à des engagements qu’il avait solennellement pris devant les sénégalais en sollicitant leurs suffrages, ce faisant, il fait son devoir et quand on fait son devoir, selon Semou Pathé Gueye, on a aucun mérite. Il semble qu’il ait déjà condamné fermement d’ailleurs, ces campagnes d’affichage, il doit aller plus loin en ordonnant leur arrêt, car nous ne sommes pas en campagne électorale, et non plus dans une monarchie où le sujet est obligé de mettre des œillères. Au lieu de verser dans l’auto-satisfaction, ces zélés du Président devraient plutôt se soucier des engagements pris et non respectés à la veille de son élection comme celui qui consistait à respecter le mandat de 05 ans et celui de ne pas prendre de décret allant dans le sens de promouvoir son petit frère Aliou Sall qui contrôle à lui tout seul, la caisse de dépôt et de consignation, l’association des maires du Sénégal et la mairie de Guédiawaye, surtout que les sénégalais l’ont élu, se sont débarrassés d’Abdoulaye Wade uniquement pour ses velléités menant à la succession de son fils.
À l’époque, des « spécialistes » avaient bien théorisé la «dévolution monarchique» du pouvoir, allant même jusqu’à faire des tournées dans toutes les cités religieuses du pays pour dénoncer un tel état de faits. Ce vocabulaire de dévolution monarchique semble disparaître de la bouche des sénégalais alors que paradoxalement tous les indices qui avaient motivé sa convocation sont malheureusement réapparus.

Le Président Macky Sall devrait s’inspirer de la révolution Toroodo impulsée par Thierno Suleymane Baal en 1776, qui avait pour fondement la création d’un État théocratique fondé sur un idéal de justice, qui mettait fin au régime de monarchie absolue Ceddo de Suley Njaay Tokooso et qui avait proposé aux populations des lois et des recommandations loin de toute discrimination.

Il devrait aussi s’inspirer du très bel exemple de François Mitterrand, hormis Jean Christophe Mitterrand qui avait une certaine connaissance de l’ Afrique et qui a travaillé à la cellule Africaine de l’Élysée, tous ses proches parents ont été tenus à l’écart du pouvoir, les cas les plus illustratifs sont ceux de Roger Hannin alias Navarro, mari de Christine Gouze Rénal, unique sœur de Danielle Mitterrand et de Maurice Faure, ami et cousin du Président français. Leur proximité avec Mitterrand était telle qu’ils n’ont jamais raté les voyages de Noël à Louxor en Égypte et les dîners dans sa résidence de JARNAC. Le président considérait à juste raison qu’il y avait d’autres français à promouvoir à leurs places. La Constitution française ne l’interdisait pas certes, mais au-delà, la morale Républicaine qui ne l’admettait pas non plus.

Bounama Sow
Derkle