De qui se moque Alpha Condé qui cherche à être médiateur dans une crise qui ne le regarde pas ? ( A. Diouldé Diallo )

Dakarmidi – A bien réfléchir, on doit se réjouir de l’élection de Alpha Condé à la Magistrature Suprême de notre pays, même si c’est un secret de polichinelle que c’est, à l’issue de la plus grande mascarade électorale, jamais organisée dans le monde, qu’il a été proclamé  » vainqueur ». L’homme, qui revendique plus de 40 ans de lutte politique, serait toujours apparu comme le messie pouvant, d’un coup de baguette magique, transformer la Guinée en paradis. Pourtant, le passé de Alpha Condé en France, plutôt activiste qu’ académique qui n’a jamais rien géré dans sa vie, devait attirer l’attention des Guinéen sur le danger qu’il représentait pour l’Etat et pour la Nation.

Aujourd’hui, après 7 ans d’exercice laborieux et approximatif du pouvoir, Alpha Condé, tire la Guinée vers le bas, l’ignorant, l’exploitant, l’insultant et, comme si tout cela ne suffisait pas, la dépouillant de la dignité et de la grandeur que ses prédécesseurs avaient durablement acquis au prix d’une exceptionnelle diplomatie.

Je persiste et je signe que la Guinée et les Guinéens ne sont pas la préoccupation de Alpha Condé. Il s’en sert dans un égoïsme avéré pour se faire sa propre image, pour prendre sa vengeance sur l’histoire qui l’a vu pendant des décennies ronger le frein à Place d’Italie, à échafauder ses plans de conquête de la Guinée par tous les moyens.

Comme toujours, les attitudes inconvenantes de Alpha Condé vis – à – vis des Guinéens trouve leur explication et leur justification par cette absence d’attache charnelle. Elles sont également consécutives d’une tare sociologique.

La Haute Guinée en porte l’entière responsabilité, paye et payera avec nous tous, le lourd tribut de ce mauvais choix. Pour moi et jusqu’à et jusqu’à preuve du contraire, Alpha Condé est unique dans son genre de mépriser le peuple de Guinée.

Sinon, comment peut-on expliquer qu’il l’abandonne à lui-même au Mois Saint de Ramadan, exposé aux ordures, à la misère endémique et la pauvreté galopante, dans l’obscurité et la soif, faisant tuer et blesser ceux qui ont le courage de revendiquer leurs droits les plus élémentaires? Les douloureux événements de Kamsar sont la parfaite illustration de cette sauvagerie à laquelle se sont toujours livrées les forces de l’ordre contre les manifestants partout dans le pays.

Et si on prend au sérieux les récentes sorties de madame Doussou Condé, on peut être tenté de croire que des forces étrangères sont au service de Alpha Condé en Guinée avec des tireurs d’élite. Toujours selon l’ancienne militante du RPG, on se pose des questions sur les assassinats de madame Boiro, Cole, le ministre Alioune Diaouné et bien d’autres anonymes qui n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque enquête de la part de nos autorités.

En remontant le temps et en faisant un lien avec les tragiques événements du 28 septembre 2009 où des rescapés et des observateurs avertis ont fait état de la présence, ce jour, dans l’enceinte du stade, de civils armés d’armes blanches parlant anglais. Ce sont eux qui auraient commis les crimes les plus odieux et seraient toujours une force opérationnelle en attente au service de quelqu’un qui assurerait la prise en charge totale et entière du commando.

Posons nous donc la question de savoir si l’attaque contre le véhicule de Nagnouma Faro, cheffe de cabinet du budget, n’était pas commanditée pour en faire un sacrifice humain parce qu’elle est albinos. Je persiste et je signe que les Guinéens, les vrais, ne sont pas des criminels. Ils ne peuvent pas ôter la vie. Ils aiment crier, menacer, se faire voir et faire la belle vie dans la fraternité et la solidarité, mais ils ne gardent pas la rancune et ne se haïssent pas. C’est Alpha Condé, avec sa politique de division, d’exclusion et de discrimination, qui met aujourd’hui la nation en péril et l’Etat déliquescent.

La vigoureuse réaction des Guinéens de Bruxelles à ses propos injurieux à l’endroit des étudiants au Palais du Peuple est à saluer. Je soutiens fermement cette réaction et j’encourage qu’on la poursuive ( œil pour œil,dent pour dent). Cette réaction constitue les signes d’une opposition farouche aux comportements inadmissibles et intolérables de Alpha Condé qui démontre, ainsi, que le costume présidentiel n’est pas taillé à sa mesure.

Et comme le ridicule ne tue pas, le voilà qui se donne l’envergure de médiateur dans la crise entre le Qatar et ses voisins, alors qu’il n’arrive pas à rapprocher les positions des belligérants en Guinée -Bissau dont certains récusent d’ailleurs sa médiation et que, contrairement à toute la machine propagandiste de son pouvoir, des faux, connus, ou occultes émissaires, la solution à la crise gambienne ne porte nullement sa signature. Mais plutôt celle de la force armée déployée par la CEDEAO qui ne laissait aucune issue au dictateur Yayah Jammeh sinon que dégager.

Alpha Condé, qui s’était précipité à Paris pour faire l’aumône d’une rencontre avec le futur président Français, Emmanuel Macron, dans le seul but de mystifier les Guinéens, comme il en a l’habitude- photo, forcing avec Donald Trump et d’autres grands de ce monde – se trouve mal en point du fait que le tout nouveau locataire de l’Elysée a accordé ses toutes premières rencontres africaines aux présidents Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire et Macky Sall du Sénégal. Avant de s’envoler pour Rabat et Alger.

Alpha Condé fanfaronne avec le titre ronflant et pompeux de  » Président en Exercice de l’Union Africaine ». Ici en France, avec la déferlante Macron, on n’en a cure. Surtout quand celui qui est arrivé sur ce sol de la démocratie, des Droits de l’Homme de la liberté et de la multiculturalité, à l’âge de 15 ans, est incapable d’organiser de simples élections locales dans son pays auquel il impose une dictature aux quatre fers.

Alpha Condé n’incarne donc pas les valeurs portées par cette France dont le paysage politique vient d’être fortement recomposé avec, à la clé, le départ, à la petite semelle, du plus mauvais président de la cinquième République, François Hollande, le président « scooter », celui dont la gouvernance catastrophique est le responsable tout désigné de la débâcle historique du parti socialiste aux législatives actuelles.

C’est lui François Hollande, au nom de cette fameuse Internationale Socialiste, qui a apporté un soutien aveugle à Alpha Condé, non seulement aux élections présidentielles et législatives, mais aussi dans l’instauration d’un régime totalitaire en Guinée.

Vivement cette nouvelle France en action. Celle guinéenne est déjà sur le terrain et elle ne s’arrêtera qu’avec le départ de Alpha Condé.

Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien à Liège ( Belgique )