Casamance: Et si le Casa Sports trahissait la Casamance

Dakarmidi – Le Casa Sports a signé le 8 juin à Ziguinchor le pacte de la déloyauté, un contrat de sponsoring avec la compagnie Astron Limited qui cherche depuis longtemps à exploiter le zircon en terre de Casamance, notamment au niveau de la zone de Kabadio et environs où les populations continuent à manifester leur profond désaccord.

Cet achat de conscience vise un soutien au projet de dénaturation de cette zone du projet d’exploitation et porte sur la maudite somme de 30 millions de FCfa par an ; et ce, pendant 3 années successives.

Seydou Sané, président du Club affirme que ce pot de vin arrive à temps pour renforcer l’autonomie financière dans laquelle son équipe se trouve actuellement. Connait-il réellement le Vécu du Casa Sports et des Casamançais ? En remerciant publiquement et avec vivacité le ministre conseiller Benoît Sambou, pour son soutien à l’aboutissement du processus de cette signature de contrat de félonie, le président Seydou Sané sort du lot des conciliateurs et plonge beaucoup de supporters du Casa sport pour ne pas dire toute la Casamance dans le désarroi total.

D’ailleurs, le message du gouverneur Sénégalais implanté à Ziguinchor, Guedj Diouf dévoile avec bassesse le choix du gouvernement du Sénégal et de la politique de la fourmilière de Macky Sall en Casamance. Ce dernier affirme : « que le Casa Sport a l’obligation maintenant d’accompagner la compagnie Astron Limited pour qu’elle puisse réussir son projet (exploiter les sables métallifères du littoral, dénaturé le milieu physique, bouleversé les écosystèmes, piller le peuple en l’embarquant dans l’incertitude). Son souci en tant que autorité déconcentré est moindre quant-aux risques que ferait courir cette exploitation à un milieu déjà menacé par la montée des eaux océaniques. Le gouverneur Guedj Diouf à l’image de celui qu’il représente à savoir le président Macky Sall n’a pas pleinement pris en compte le risque de destruction d’une mangrove qui abrite l’un des écosystèmes les plus riches de la planète, ni même le risque de fragilisation du mince cordon dunaire qui constitue un dernier rempart contre l’océan pour des milliers d’habitants de la Casamance qui ont subis les affres de la guerre imposée par le Sénégal depuis maintenant trente-cinq années.

La guerre en Casamance sous une autre forme dira-t-on ! Pourtant l’Abbé Augustin Diamacoune Senghor avait longtemps prédit ces moments que nous vivons aujourd’hui. Il disait ceci : « dans ce conflit entre le Sénégal et la Casamance, nul doute que l’envahisseur Sénégalais n’arrivera jamais à s’imposer chez nous par la force des armes, cependant il ne lâchera pas, il persistera dans son action maléfique en utilisant l’argent, les privilèges pour l’achat de conscience. C’est à ce niveau que ma peur ce situe et c’est là-bas que beaucoup auront à trahir la Casamance et prouver ainsi qu’ils étaient des Casamanqués. »

La conscientisation de la population de Casamance pour la compréhension des dangers d’une telle exploitation et la mobilisation des différentes forces doit se faire dans toute l’étendue du territoire et pas seulement dans la zone cible car seule la force pourra venir à bout de l’entêtement de ces profiteurs et envahisseurs.

Baba

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